Saison 1 - Piece of Mind

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Puce
Satyre
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Re: Piece of Mind

Message par Puce » dim. 7 févr. 2016 22:08

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Recroquevillée dans la terre, aveugle à toutes sources de réconfort, j'attends. Le va-et-vient des humains sur le sol ne m'atteint pas. La dernière fois que je l'ai caressé, il avait manqué de me vider de mon sang. A présent, je tortille ses mèches de cheveux sales et collés qui dépassent du bout de robe qui l'entoure. Ils sentent encore l'humidité des marécages où se cachait sa Chapelle. Cette odeur me rappelle une nuit pluvieuse d'automne. J'avais dû braver ce rideau froid armé d'un misérable parapluie contre lequel je pestais sans arrêt. Le lourd sac que je trainais contenait un amas de copies d'étudiant que je comptais décortiquer auprès du radiateur. La vapeur du thé me réchauffait le visage tandis que mes pieds, emmitouflés dans une grosse paire de chaussettes en laine, s'installaient confortablement sur le bain d'huile. Je me souviens ne pas avoir corriger beaucoup de pages ce soir-là. En me voyant ainsi, assise dans le fauteuil, grosses chaussettes aux pieds, peignoir douillet en coton, les lunettes sur le bout du nez, j'avais ri de moi en me disant que j'allais finir vieille fille. "Il ne manque plus qu'un chat sur les genoux !" Qu'il est doux de jouer avec les clichés même si parfois ils ont un petit côté vexant ! A vingt-cinq ans, je n'avais aucun petit ami dans ma vie. D'ailleurs, aucun homme n'avait franchi le pas de cet appartement depuis que je m'y étais installé. Le voisin me faisait bien quelques avances en me sifflant dans le couloir quand je partais le soir pour chanter... D'ailleurs, j'avais rêvassé et j'allais être en retard au Crossroads. Une douche. Une robe. Le manteau. Un petit gâteau pour caler la faim. Et hop, j'étais sortie. Je n'avais pas échappé à une réflexion graveleuse de mon romantique voisin qui montait les escaliers. Encore la pluie et ce maudit parapluie. Les quelques courageux qui avaient osé sortir essayaient tant bien que mal de se mettre à l'abri sous les porches des maisons. Le col de leur manteau était relevé afin qu'aucune goutte ne vienne refroidir leur peau. Certains s'étaient même munis d'un chapeau qui cachait leur visage. Seuls leurs souffles chauds fendaient l'air et leur donnaient une consistance. L'averse avait assombri les rues, on ne voyait pas bien loin devant soi même si les réverbères s'efforçaient d'éclairer les pas des passants d'un halo de lumière pâle mais rassurant. Des quelques restaurants encore ouverts émanait une odeur de gastronomie créole : le curry de poulet, les fruits de mer flambés, le lait de coco.... Des personnes attablées et ravies de leur repas riaient aux éclats. On pouvait percevoir leur joie au travers des vitres qui commençaient à s'embuer. Au coin de la rue, un autre établissement faisait entendre son existence malgré le bruit de l'eau sur les toits et les trottoirs et les voitures qui pressaient l'allure sans se soucier d'éclabousser les passants. Je traversais rapidement la rue pour rejoindre le bar.
En poussant la porte de ce bar, on se sentait immédiatement chez soi. Eliot, essuyant les verres derrière le comptoir, tourna la tête et me lança un sourire rapide pour me saluer avant de continuer son service. J'accrochai mon habit sur le porte manteau et me débarrassai de mon parapluie. Mes talons avait dû avertir mes compagnons que j'arrivais, car un verre de Bourbon m'attendait déjà sur une table où Richard, les pieds sur une chaise, grattait sa guitare et Théodore frappait frénétiquement sur le clavier de son ordinateur. Le vendredi, on ne montait pas sur scène. Pour fêter la fin de semaine souvent harassante, on se réunissait pour jouer au poker. Richard et sa moustache de lait fraise s'enorgueillissaient de pouvoir battre aussi facilement Théodore qui ne s'en souciait guère. Les tables autour de nous se vidaient peu à peu laissant un peu plus de liberté à Eliot et à Aimé qui venaient nous rejoindre. Aimé n'était pas à l'aise avec les jeux de cartes mais il se forçait à essayer de comprendre et à retenir les combinaisons gagnantes. Le pauvre se faisait également plumer par Richard qui riait aux éclats. Lorsque l'alcool avait définitivement détendu Eliot, il se mettait à refaire le monde avec des leçons de moral en débutant ses phrases par le fameux "Tu sais, gamin..." . Parfois Chloé nous rejoignait. Elle se plaçait toujours à côté de Théodore pour pouvoir lui piquer des cartes ou lui pincer la peau au niveau des hanches.
Le monde aurait bien pu s'effondrer...
Recroquevillée dans la terre, aveugle à toutes solutions, j'attends. La tête de mon Sire contre moi. Les bras de Théodore m'enlacent. La terre salvatrice nous accueille en son sein. Elle se plie à notre humeur : le terrain est meuble et humide. Nola est notre chez nous. Je ne veux pas la quitter. Je ne veux pas fuir. Elle m'a vu naître, mourir et me relever. Le sort s'acharne et recommence sans cesse. Il ne me reste plus qu'à me relever à nouveau.
"Give a man a mask and he will become his true self."

Nemrod
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Re: Piece of Mind

Message par Nemrod » mar. 1 mars 2016 21:30

Lacrymosa
Beaucoup d'évènement ce sont passés, ces dernières nuits, mais peu importe que le monde parte en flamme dans les feux du jugement dernier, si je peux être a ses cotés.
Ce moment, ou mes lèvres rencontrèrent les siennes cette nuit.. ce fut comme si je venais à la vie pour la première fois. J'ignore ce qui me poussa a lui donner cette preuve de mon amour, a ce moment précis, mais j'avais l'intime conviction que ce serait nécessaire.
Mes yeux fixent son regard et j'y perçois l'infinie du ciel étoilée.

Aimé n'est désormais plus qu'une entitée a mes yeux : une représentation du seuil et des frontières, la profondeur du ciel et la hauteur des océans, La clarté de la nuit, et la fin du jour, L'illusion de la réalité et le concret du rêve.

Mon sourire se fait jour et dévoile une dentition acérée, si je n'étais pas mort, sans doute aurais-je rougis, Aimé semble tourner de l'oeil, je le rattrape et dans un souffle lui glisse quelques vers a l'oreille, qui lui sont exclusivement destiné:

Mène moi a toi, emprisonne moi,
car je ne saurais vivre libre, ni même chaste,
sauf a l'abri de tes bras.

Si mon coeur dit oui et que mon cerveau dit non,
Si mon esprit envie, et que ma raison confond,
Si chaque minute qui passe
rythme mon sang et mes angoisses.

Alors le chantre de ces vallées de lumière
Que nous arpentons tout les deux
Au détour d'un arbrisseau, chantera,
le poème joyeux de ces astres clairs,
qui brille au fond de tes yeux.

C'est à l'aulne des martyrs
que j'ai revu la partition,
de ces amours qui m'attirent,
sur les sentiers de ta perdition.

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Re: Piece of Mind

Message par Puce » dim. 13 mars 2016 23:30

Tout n'est plus que chaos. Tout s'est effondré. A cause de l'avidité de quelques uns, la Mascarade est tombée. Le rideau qui protégeait encore le monde de cette part sombre de la Création vient de s'envoler en fumée. Ceux qui étaient dévorés par le feu de la vengeance ont été anéantis. Ceux qui étaient gangrénés par le vice ne sont plus. Maintenant le monde va s'embraser. Il va connaitre l’Étreinte et être horrifié de découvrir la noirceur de l'âme humaine. Car tous autant qu'ils sont, Prince, limier, archiviste, sbires, anonymes..., tous sont animés par des péchés qui sont le propre de l'Homme. Caïn n'est-il pas humain avant de défier le Père Tout-Puissant ? N'a-t-il pas essuyé le mépris de son Créateur qui ne se satisfaisait pas de son offrande ? N'a-t-il pas voulu se venger ?
La vengeance et son corollaire, le pouvoir, sont définitivement repoussants. L'attitude que j'ai eue face à Aimé tout à l'heure me répugne. Alors qu'il était enfermé avec Marie et Lindermann, ma seule préoccupation était de voir la tête de cette folle au bout d'une pique et je lui ai reproché de ne pas l'avoir fait. La vengeance nous rend insensible. Alors que quelques heures auparavant, à la levée du jour, j'ironisais sur le déjà-vu de la situation dans laquelle nous étions.
C'est amusant de remarquer que cette situation a un goût de déjà vu. Lors de notre première nuit, nous étions perdus, nous ne comprenions pas ce qui nous était arrivé, nous étions à la merci du Prince Vidal. Dans sa grande miséricorde, il nous a accordé la non-vie. Et ce soir, retour à la case départ. La non-vie d'Aimé ainsi que la mienne dépendent du bon vouloir du Prince. Mais aujourd'hui, nous savons pertinemment qu'il ne nous a pas fait venir ici pour nous protéger d'un quelconque danger, qu'il n'est aucunement bienveillant à notre égard. Si Vidal agit, c'est parce qu'il a quelque chose à gagner. Qu'a-t-il à gagner en nous retenant prisonniers ? Dans la limousine, ses deux grandes canines blanches nous ont fait comprendre, d'un sourire cinglant, que la recherche et l'accomplissement de la vengeance étaient naturelles. Aimé lui a tiré dessus lors du Bal. Va-t-il se venger d'Aimé ? J'ai emmené la tête de mon Sire pour pouvoir l'enterrer. Va-t-il me prendre la mienne ?


Qu'il la prenne, si cet acte peut éviter la mort d'Aimé. Malgré la situation, il trouve toujours quelques mots qui me font sourire et qui prouvent que rien ne nous abattra. Il regarde les cercueils de manière intriguée. Il est vrai que nous n'en avons jamais utilisé au Manoir. Un bon lit douillé est quand même bien plus agréable que cet espace si exigüe, si oppressant et si fermé. Non ! Je ne mets pas un pied dans cette prison. Les sbires de Vidal n'auraient plus qu'à clouter le couvercle pour nous enfermer et jeter ce maudit coffre dans les marécages, dans le désert ou dans les sombres bras de la terre. Personne ne viendrait nous chercher. D'ailleurs, personne ne sait que nous sommes ici. Aimé ne pense pas à ce genre de choses. Ses pensées ne sont pas aussi noires. Il s'installe tranquillement dans sa couche. Ses paupières se referment paisiblement. Les événements n'ont aucune prise sur sa quiétude. Un Prince Sombre. Ses mains sont croisées sur sa poitrine. Il y a un je-ne-sais-quoi de majestueux dans son attitude. Il semble intouchable. Il sourit. Il est parti. Lui aussi lit dans les pensées, à sa manière. Je sais qu'il est entré dans celles de son aimé... Est-ce que je suis jalouse ? Un petit peu en quelque sorte. Aimé a tellement changé depuis son Etreinte. Le serveur effacé du Crossroads n'est plus. Il s'est transformé en une créature sublime... infiniment sensible qui lui interdit de perpétrer les atrocités les plus sordides qui sont monnaie courante au sein de la société vampirique... éperdument forte qui le pousse à se révolter, à se battre... à aimer.[/i]
Alors que quelques heures auparavant, à la levée du jour, j'ironisais sur le déjà-vu de la situation, dans laquelle nous étions, pour mieux cacher mes propres peurs. Le rire ou les sarcasmes m'ont toujours permis de me protéger, non pas des autres, mais de mes propres sentiments. Oui, je crois que je suis jalouse d'Aimé, je l'envie. Il s'est réalisé lors de ces dernières nuits. Il s'est embrasé dans un brasier de sensualité lorsque Richard lui a fougueusement donné un baiser d'une animalité transcendée en passion amoureuse. Il a pris le pouvoir sur ses peurs et a mis de Savoy à terre ! Il a transcendé sa nature vampirique. Aimé n'est plus l'être qui attend qu'on vienne le prendre par la main. Désormais il ne se love plus dans une candeur qui l'enveloppait d'une aura de relique sacrée. Il a embrassé la violence de notre condition et l'a mariée à la douceur de la prêtresse vaudou qui l'a étreint.
Je suis bien fade à ses côtés, assise dans mes lambeaux de vêtements, assise dans mes peurs. La peur de les perdre. Cette nuit est peut-être ma dernière et je ne suis lovée que par des regrets. D'être fade. De ne pas être assez forte. J'aurai aimé qu'Il voit autre chose de moi, si ce n'est une femme à secourir des griffes de l'un ou de l'autre. Il a toujours été distant avec moi comme si le simple fait de me toucher allait me briser. J'ai l'impression qu'à ses yeux, je suis restée la chanteuse du Crossroads, celle qu'Aimé avait évoquée un jour. Une femme qu'on ne peut approcher puisqu'elle est froide. Une femme qui viendrait s'encanailler avec de la mauvaise graine pour mieux repartir dans son confort bourgeois. Alors je me tiens sur l'estrade derrière un micro et lui est derrière sa table, derrière son écran. Le soir, nous sommes d'un côté de l'autre du lit, il me regarde m'endormir. Parfois il me caresse timidement. Sa délicatesse était rassurante au départ. Les cicatrices qui étaient encore visibles ne le repoussaient pas ou du moins il ne me le montrait pas. Il les embrassait ou les effleurait du bout des doigts. Mon corps me faisait honte et la nudité me rappelait cette nuit effroyable qui m'avait coûté la vue. Je sais qu'il a tout fait pour me mettre à l'aise, pour que je m'apprécie à nouveau. Les cicatrices se sont estompées, mais Théodore est resté le même. Craignant une égratignure, il m'a surprotégée. Il a finalement installé une vitre entre le monde et moi. Je me sens comme prisonnière dans une cage de verre qu'on transporte de part et d'autre. Je me sens comme un objet qu'untel revendique pour réveiller notre Ancêtre ou redevenir humain, qu'un autre veut comme trophée et qu'un dernier souhaite pour...
Pour quoi ? Dans quelle direction allons-nous ? Qu'ai-je à lui offrir ? Rien de plus que lui ! Une traque infinie par son Sire ou par le Prince. Où qu'on se cache, ils nous retrouveront ! Un soir, je pourrais tout à fait voir Théodore, les yeux rubiconds, m'étrangler parce que Calage lui en aura donné l'ordre ou nous pourrions très bien nous réveiller et voir Vidal au pied du lit. Et voilà que je recommence avec l'ironie... Je suis consciente de ce que je dois faire pour qu'ils puissent vivre. Je me plains pour mieux trouver des excuses. Je me morfonds dans mes regrets pour mieux accepter mon destin. Je n'avais que quelques marches de l'estrade à descendre pour rejoindre sa table, qu'un geste à faire pour fermer son ordinateur, qu'un baiser à lui donner pour insuffler la passion...



Je dois le prévenir, je ne peux pas partir ainsi. Si je lui explique, il m'empêchera de le quitter. Un texto. Oui, c'est bien.

Théodore, je respecte la décision que nous avons prise tous ensemble. Mais je ne peux rester avec vous, car ma présence vous couterait la vie. Aux yeux des autres, je ne suis que l'objet d'une Prophétie et pour toi, je suis un fardeau qu'il faudra encore et toujours protégé. Je ne veux pas vous voir mourir un à un. Je me rends à Vidal pour que vous tous puissiez vivre. Partez ! Faites-le et ne vous retournez pas ! Fais-le pour moi ! Oublie-moi et sois heureux ! Je t'aime.
"Give a man a mask and he will become his true self."

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Re: Saison 1 - Piece of Mind

Message par Nemrod » dim. 22 mai 2016 23:38

Encore une fois bonne saison a vous. Je me permet de poster ce petit texte, c'est pour une histoire d'accomplissement et allez au bout de ce que j'ai commencé. :)


Sous mon regard s'étend une infinitée d'étoile.
A mes oreilles, résonne le chant celeste.
Sous mes mains le contact froid du métal de l'épée,
rouge du sang de son ancien maître.

Mon œil parcourt la caverne,
alors que je fais un véritable effort de volonté pour,
me maintenir éveillé.
Ma décision est prise, et je ne peux m'empêcher de le contempler.

Je m'assois a ses cotés, perdant une main dans ses cheveux.
Je prend ma veste et lui fait un oreiller de fortune.
Pour la première fois, je ne serai pas le musicien, mais le chanteur.

Ma voix susurre, ma voix chuchote,
des mots d'amour, et de tendresse.

Alors que le serpent aux yeux d'émeraude,
se love autour de son cou, dans une étreinte
pleine, d'une éternelle promesse.

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Xiam
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Re: Saison 1 - Piece of Mind

Message par Xiam » mer. 25 mai 2016 22:28

Episode 15, Le Sabbat


La voiture démarre à toute allure...
Nous n’échappons à la colère vengeresse de cette marrée de vampires qu'à quelques secondes près; quelques secondes de plus à attendre la sortie de Joy, de Théo et d'Eliot hors de ce bar et nous perdions toute occasion de fuir.
Ce dernier est dévasté par l'abandon de sa Sire à son sort, elle n'est plus. Bien que n'ayant assisté à la scène je peux le lire sur les traits burinés de son visage d'homme en ayant pourtant vu d'autres; cette douleur là le déforme, c'est atroce, comme si son propre corps venait de faire l’expérience de cette mort ultime.
Ses hurlements sont à fendre le coeur.

Leurs mains viennent se poser sur lui dans un tendre témoignage d'affection et de soutien.
Pas les miennes, elles sont entachées par sa faute. Mais à quoi s'attendait-il en suivant Evangeline dans ce raid?! Qu'attendre d'autre d'une guerre civile qu'un sordide bain de sang? Et qui porte maintenant la souillure pourpre de ce massacre d'innocents sur les mains?
Je n'ai jamais aimé la violence, je l’exècre. Si j'ai un jour appris à me servir d'un pistolet c'est justement pour mieux pouvoir l’éviter...


Je venais d'avoir « la chance » de sortir seulement vilainement amoché d'un rendez-vous avec un client à la main un peu trop lourde sur le champagne puis sur moi, j'avais peur de retourner travailler. Les bleus avaient fini par guérir mais pas la terreur du souvenir qui les avaient provoqué.
J'étais finalement revenu dans le coin pour reprendre du service mais me désistais systématiquement à la dernière minute chaque fois qu'un client m'abordait. Je n’en avais parlé à personne mais je me souviens qu'Angie avait remarqué mon changement de comportement.
Elle avait l'oeil pour ça, à cinquante ans passés elle menait toujours rondement son business, c'était une institution dans le quartier et même les flics la laissaient tranquille. Ses années d’expériences lui avaient forgé un mental à toute épreuve et elle ne manquait jamais de partager sa sagesse populaire.
"Tu vas pas laisser un seul connard bouleverser ta vie comme ça!"
Et elle m'avait glissé un pistolet dans la poche avant de déposer un baiser sur ma joue, qui y avait laissé la marque rouge d'une grande bouche en coeur. Avec le pouce elle était venue étaler cet excédent de maquillage sur chacune de mes pommettes.
"voilà, tout de suite tu as bien meilleure mine!"
Puis, sans rien ajouter de plus elle s'était éloignée pour retrouver son "spot", ondulant comme une danseuse du ventre à chacun de ses pas. Comment pouvait-on être à la fois si vulgaire et si majestueuse? De telles créatures ne se trouvent qu'à la Nouvelles-Orléans!
Sur le chemin du retour j'inspectais le revolver pour réaliser qu’il n'était pas chargé. Comment étais-je sensé me sentir protégé par une arme inoffensive? Autant avoir un pistolet d’enfant en plastique dans la poche!
Je finis par me procurer des munitions avec en tête l'idée de me rendre sur un terrain vague dans lequel j’allais jouer à l’âge des pistolets à eau.
Une fois sur place, j’y alignais des bouteilles de bières vides qui trainaient sur le sol. Je me mis à viser la première. Le temps fut long avant que je ne réussisse à appuyer sur la gâchette.

La première détonation me fit fermer les yeux et faire un pas en arrière. Je ne les rouvris qu'au son du verre qui explose. La sensation était indescriptible, c'était comme reprendre le contrôle de sa vie, revenir à la première personne du singulier! Sans réfléchir je me mis à viser une autre bouteille; quand le chargeur fut vide il n'en restait plus une seule debout sur le muret qui me faisait face et sur lequel je les avais placées. J'étais doué!
Revenir au terrain vague m'apaisait, c'était comme si ma peur s'y transformait en boules de colères dont chaque coup de feu partant sous ma commande me déchargeait. Je reprenais le contrôle, je n’étais plus une victime.
Rassuré par la présence de l'arme qui ne me quittait plus je retournais travailler, avec une sensation de force à portée de main.
Les mois qui suivirent pas une seule fois je n’eus à la sortir.
C'est alors que je compris que cette sensation d'assurance émanait de moi-même, le pistolet n'avait été là que pour me permettre de retrouver cet état de confiance en soi perdu.
Je recroisais Angie, la remerciais et lui proposais de récupérer l’arme; je n’en avais plus besoin.
Elle me sourit d’un air entendu mais ajouta:
« La vie est bien trop précieuse pour y mettre fin avec un balle, même celle d'un connard, mais ça, ça reste dissuasif dans certains cas! »
Je vidais mon chargeur sur le sol et replaçais l’arme dans mon sac à main.
Cette fois-ci son sourire avait tout du bon-point; elle était fière, j’avais compris la leçon..


***

Combien de fois ai-je tiré à balle réelles depuis que nous avons basculé dans ce monde de ténèbres?
Trois hommes sont morts par ma faute, mais morts en essayant de me tuer... je n’avais toujours tiré que par légitime défense.
Pas une seule fois je n’avais ouvert le feu sur une cible non hostile avant qu’Eliot n’insiste pour que nous suivions Evangeline dans ce bar à vampires qu’elle voulait « nettoyer ». C’était pas suffisamment explicite pour qu’il comprenne le fait de partir en raid militaire? J’ai insisté pour qu’on n’y aille pas, c’était pas notre bataille!
Une fois sur place ce n’était plus le moment de faire marche arrière, à quoi s’attendait-il à pleurnicher en essayant de la retenir?! La première balle tirée on ne pouvait plus la convaincre d’autre chose; un plan ça se négocie avant, pas sur le terrain!
C’est trop facile de faire la fine bouche après coup, ne pas vouloir avoir de victimes sur la conscience une fois que les autres sont partis en première ligne, ont appliqué le programme et viennent de transgresser leur convictions personnelles...

Jamais je n’aurais pensé pouvoir le lui pardonner et pourtant, contre toute attente, j’en avais trouvé la force quelques heures plus tard. Dans l’urgence. Chez l’archiviste et bourreau du Prince, lorsque nous nous apprêtions à connaitre la mort ultime ensemble chez Maldonato...

***

La façade de l’hôtel particulier de cet ancien Vampire lui ressemblait; élégante et hautaine, elle prenait le passant de haut.
Comme nous l’avions espéré son propriétaire n’était pas présent, nous laissant le champ libre pour récupérer les fragments manquants du Livre de Nod qu’il détenait dans son immense bibliothèque et que nous étions venus chercher. Un autre espoir, plus infime encore, nous animait intérieurement, celui retrouver ce qu’il avait arraché à Joy...

C’est ici qu’elle avait été.. torturée. Elle était restée très pudique sur le sujet et jamais je ne l’avais entendue mettre de mots sur l’événement, les deux balafres qu’elle arborait depuis au visage avaient parlé pour elle.
Préférant respecter son silence puisqu’elle semblait vouloir panser ses meurtrissures seule, j’avais plutôt essayé de l’aider à penser à autre chose. Après certains moments pesants la futilité prend tout son sens, se coiffer, se parer, il est bon de se perdre dans un peu de légèreté. Effleurant ses cheveux et son corps mutilé je l’aidais à se mettre en valeur, à retrouver cette féminité abîmée. Je lui racontais le regard amoureux de Théodore, posé sur elle mais qu’elle ne pouvait plus percevoir depuis que Maldonato l’avait privée de ses yeux.
Mais il était impossible de l’aider à penser à autre chose maintenant que nous étions chez lui! Pénétrer ce bâtiment était comme découvrir les indices de ce souvenir qu’elle avait gardée pour elle. Le riche salon aux dalles de marbres et aux lourdes tentures avait tout de celui d’un palais. Au dessus de nos têtes pesait un lustre finement ouvragé dont la gracilité des détails ornementaux ne faisaient pas oublier le poids menaçant qu’il représentait au dessus de nos têtes. Suspendue au plafond, l’épée de Damoclès lumineuse de Maldonato était baroque et raffinée; et l’idée de ce qui pouvait naitre du raffinement de ce vampire mêlé à sa perversité suffit à me faire frissonner.
Alors que nous nous apprêtions à monter à l’étage en direction de la bibliothèque, l’écho de mes talons aiguilles sur le sol attira l’attention de l’une des servantes des lieux. Avant même qu’elle ne nous aperçoive ses yeux étaient déjà emplis de terreur.
L’intensité de la peur émanant d’elle ne vint que confirmer mon intuition; les sévices de Joy ne s’étaient pas arrêtés à l’extraction de ses globes oculaires, Maldonato lui avait volé quelque chose de plus intime encore.

A notre vue la servante recula de quelques pas, s’apprêtant à aller donner l’alerte.
Le frêle et joli corps de la jeune vampire était dénudé par un uniforme de soubrette. Elle n’était quasiment vêtue que d’un tablier de dentelle blanche mais avec lequel elle s’efforçait tout de même de se recouvrir, en l’étirant d’une main anxieuse.
Ce petit jeu devait amuser son créateur, voir ses servantes se raccrocher à leur vertu comme à ce petit morceau de tissu incapable de soustraire leur intimité à son regard oblique, entre deux pages de la lecture d’un livre.
Nous essayâmes de la rassurer, lui proposant de fuir avec nous après notre visite mais elle demeura tétanisée, incapable d’une seule parole.
C’est avec un geste de la main en direction du sol qu’elle répondit à ma question.
« Tu reconnais cette femme? Tu as vu ce qu’il lui a fait? Où Maldonato cache-t-il ses yeux? »
Que voulait dire ce doigt pointé vers le sol? Les avait-il enterrés?
Théodore suggéra qu’il devait y avoir une cave et en prit la direction suivi d’Eliot qui lui emboita le pas.
Bien sûr, comme toujours il suivait son petit protégé...

Depuis que je lui avais demandé de l’aide et qu’il avait été choqué par la nature de ma révélation je n’arrivais pas à oublier le favoritisme dont il gratifiait Théodore.
Quand Théodore avait tué un innocent, ce pauvre commissaire Eric Ford laissant deux orphelins derrière lui, Eliot avait posé sa main sur son épaule, il l’avait rassuré, partagé avec lui la sagesse de ses conseils.
Lorsque j’ai blessé un homme en essayant de me nourrir, la première fois que je buvais du sang, et que je n’ai su me contenir laissant derrière moi un homme blessé mais vivant; Eliot n’a pas eu pour moi le réconfort d’une paume sur l’épaule. Pas de baiser déposé sur ma joue. Il m’a demandé comment j’avais pu faire cela! Je suppose qu’Eliot avait épuisé toute sa compassion pour Théodore.. le fils prodigue.

Leurs pas, raisonnant encore dans les escaliers et dans ma tête, se perdirent dans les fondations de la maison de maître.
Heureusement la main qui enserrait la mienne me rappela que je n’étais pas seul. Joy était là pour moi.
Nous commençâmes à gravir les marches du superbe escalier de pierre blanche qui tournait sur lui-même comme pour nous déboussoler encore d’avantage.
Arrivés à l’étage avec une sensation de vertige au coeur, un palier donnant sur une série de portes nous accueille. J’entrouvre la première...
Luxueuse comme les autres, plus encore. La tapisserie semble être peinte à la main, quelques chaises matelassées de velours et surtout une table en verre, un bureau? Sublime.
Son horizontalité et sa transparence rappelle les sarcophages de verre sur lesquels viennent s’étendre les princesse alanguies de conte de fées, attendant la caresse d’un prince charmant pour les soustraire à la somnolence et les ramener à la vie.

Le bruit d’une poignée de porte me rappelle à la réalité.
La pièce est double et s’ouvre sur d’innombrables étagères de livres, derrière une large ouverture à battants doubles que Joy vient de pousser.
Je ne l’ai pas entendue tâtonner pour s’y diriger. Happé par la contemplation du meuble en verre je ne l’ai même sentie me lâcher la main.
Nous y sommes, la bibliothèque!
Le Livre de Nod est à portée de main mais encore faut-il le trouver parmi l’immense collection d’ouvrages dont la quantité m’impressionne.
Je me sens submergé, je n’ai jamais été à l’aise au milieu des livres; je sais à peine lire, je déchiffre. Je me souviens lui avoir un jour demandé d’écrire une lettre pour moi, puis tout c’est emballé et nous sommes devenus vampires et écrire une lettre n’était plus la priorité. Et que dire?
Je ne sais quel document choisir mais Joy a l’idée de rechercher par date et ordre alphabétique. La recherche c’est son domaine, c’est une universitaire. Ensemble nous pouvons trouver!
V comme Vidal, V comme Vasquez, C comme Calege, on embarque.
Les fragments du livre de Nod sont sous verre, elle les a aperçus avant de perdre la vue. Je suis ses yeux.
Là!
Il y a peut-être un système d’alarme, nous ne les prendrons qu’à la dernière minute.

Je cherche Théodore pour le lui dire, il est dans la cave. Je croise un Eliot montant la garde et à l’expression horrifiée au seuil des escaliers qui y mènent.
En bas la lumière est faible et la pièce basse, creusée à peine en dessous du niveau naturel du sol en raison des nombreux débordements du Mississippi.
A l’abris des crues sur de solides étagères sont disposés de nombreux bocaux dans lesquels flottent quelque chose. Il doit y en avoir plusieurs centaines.
Concentré, Théodore les scanne du regard.
Je suis pris du souvenir de la sensation de nausée lorsque je réalise que les jarres de verre contiennent des paires de globes oculaires.
Livres, servantes, organes, Maldonato est un collectionneur...

Cette sensation fantôme de haut-le-coeur ne me quitte enfin que lorsque j’entends la voix de Théodore:
« Je les ai! »
Il a les yeux de Joy. Il a retrouvé son regard parmi des centaines d’autres...
Nous nous rassemblons. Eliot libère les fragments du livre de Nod de leur prison de verre qu’il brise; enfin nous pouvons fuir!
Empressés nous traversons le grand salon et l’ancien boxeur fait voler en éclats la porte d’entrée donnant sur l’extérieur.

***

Mon sang se fige...
La porte s’effondre laissant apparaitre Maldonato qui se tenait derrière, le sourire aux lèvres.
Celles-ci ne bougent pas mais sa voix résonne dans nos têtes.
« j’espère que vous avez fait une bonne visite!»
Avec assurance il tend la main vers nous.
« Vous avez des choses qui m’appartiennent.»
Sa voix est toujours aussi musicale, notre présence l'amuse et il s’apprête à se divertir!
J’ai peur. J’ai envie de fuir.

Sous le conseil de Théodore, Joy ouvre le bocal qu’elle avait entre les mains et réinsère ses yeux dans leurs orbites; sa première vision après des mois d’obscurité totale est celle de ce dernier et d’Eliot s’élançant sur Maldonato.
Dans ma tête toutes les humiliations que les anciens vampires nous ont infligées défilent. Je me sens insignifiant, minuscule. Prêt à être écrasé.

Eliot, lui ne s’avoue pas vaincu. Il charge, épaule droit devant, avec la ferme intention de bousculer Maldonato. Mais le vieux vampire est plus agile et l’esquive sans effort avec la souplesse d’un pas de danse.
Vient le tour de Théodore, moins rapide mais tout aussi déterminé. Il lui saute dessus mais à nouveau l’élégant adversaire fait un léger pas de côté, le laissant foncer dans le décors.

Tous deux savaient ne pas faire le poids et pourtant ils venaient malgré tout d’essayer de le renverser au péril de leur non-vie. Tout comme ils l’avaient fait de leur vivant; pour le groupe, pour nous sauver...les membres du Crossroads, les cinq doigts d’une main!
Cette pensée me ravive l’esprit. D’une voix intérieure j’implore la Bénédiction de Mami-Wata. Je lui demande de venir en aide à ceux que j’aime.
Une profonde douleur me traverse alors que je sens mon énergie vitale se transférer en Eliot qui se relève.
Ce que Mami-Wata donne elle le reprend ailleurs.
Je me dessèche tel une goutte de sang au soleil; je me momifie...Mes mains sont celles de la mort, je sens mes joues se creuser et ma peau se tendre sur un canevas d'os. Et si c'était mon vrai visage? Celui d’un cadavre.
Heureusement qu'il n'est pas là pour me voir!

Maldonato se jète sur Théodore qu’il mort de ses canines effrayantes.
Eliot ne compte pas le laisser faire plus longtemps, il le dégage de son emprise et, tel un catcheur, attrape le maître des lieux par la taille, fait un souplex lui aplatissant le crâne sur le sol.

Je profite qu’il soit à terre pour lui tirer dessus, le plus près des yeux possible. Ma balle atteint sa cible mais épargne son regard, ce sera pour la prochaine fois.
Joy se dirige vers Théodore pour l’aider à se relever. Il n’a plus aucunes forces mais, vacillant, il tente tout de même d’écraser sur le sol le visage de Maldonato de sa semelle mais sans y parvenir.
Ce dernier se redresse et cherche à se soustraire à l’emprise d’Eliot qui tient bon et ne le laisse pas se débarrasser de lui.
C’est alors que sa voix résonne à nouveau dans nos têtes.
« Vous m’avez cherché... »

Joy s’approche de Théodore, son expression est méconnaissable. Elle le mord!
Eliot enserre toujours la cage thoracique de l’italien multicentenaire, mais cette fois-ci non plus pour le contenir mais pour l’écraser. Un bruit d’os qui craquent sous la pression de son opiniâtreté me redonne espoir, Maldonato commence à suffoquer.
Je vise son oeil droit, la balle ressort de l’autre côté de son crâne lui explosant la moitié du visage.
« Tu vas avoir besoin de ta collection!»
Ces paroles sont tellement douces à prononcer... un peu trop douces même...

Joy semble revenir à elle et réaliser ce qu’elle vient de faire à celui qu’elle aime; elle se met à vomir son sang.
Maldonato donne un grand coup de coude pour se dégager. Son visage commence à se régénérer.
« De toutes façons elle va mourir quoiqu’il arrive! »
Fort de ses succès Eliot se jète à nouveau sur lui et lui plante ses crocs entre le cou et la clavicule pour s’y abreuver, et commence à le vider de son fluide vital.
Eliot tombe au sol, ses blessures se referment et, convulsif, il semble être pris de visions à en juger par le mouvement frénétique de ses yeux dans le vide.
Voyant Eliot partir à la renverse et tenant toujours Maldonato en joue, je vise à nouveau son visage.
Je touche encore.
Il cherche à se régénérer mais a visiblement de plus en plus de mal à le faire suffisamment vite.
Il tombe à genoux.

Je hurle aux autres de trouver un pieu!
Joy, des traces du sang de Théodore qu’elle vient de régurgiter encore aux commissures des lèvres, semble être interloquée:
« Mais qu’est-ce que tu racontes?! »

Maldonato commence à crier de douleur et de rage avant de hurler:
« meurt!»
Je sens mes muscles se raidir. Si j’avais déjà l’apparence d’un cadavre j’en deviens véritablement un. Je sens la rigidité cadavérique s’emparer de moi.
Mon bras se crispe sur mes armes qui le visent encore.
Eliot est atteint du même mal que moi.

Au prix d’efforts considérables pour réussir à la suivre du regard, j’aperçois Joy cherchant un débris de bois sur le sol parmi les restes de ce qui fut la porte d’entrée.
Elle en trouve un qu’elle saisit!

Théodore cherche à agripper Maldonato pour laisser à Joy l’occasion de le planter mais ce dernier se retourne avec la visible intention de le mordre à nouveau pour retrouver des forces en le vidant du peu de sang qu’il lui reste.
Grâce à son impressionnante constitution Eliot retrouve sa mobilité et assène un violent coup de poing derrière la tête de Maldonato alors que je demeure pétrifié par la rigor mortis.
Lorsque je retrouve une partie de ma mobilité je n’ose prendre le risque de lui tirer dessus et de toucher mon ancien patron par inadvertance.

Joy s’approche doucement de Maldonato et cherche à lui assener un coup qui lui eut certainement été fatal si sa main n’avait pas dévié au dernier moment.
Théodore, s’étant rapproché de son amante, pose alors sa paume autour de sa main qu’il accompagne vers sa cible; ensemble ils plantent le pieu dans le coeur de son tortionnaire.
Dans un dernier effort Maldonato se tourne vers elle et c’est les yeux dans les siens qu’il connait sa fin ultime.

L’amour est triomphant!

Être témoin du rapprochement entre Théodore et Joy quand je goutais moi-même la solitude n’avait pas toujours été facile, l’amour qui m’habitait n’étant pas partagé par celui qui l’avait fait naître en moi; mais j’avais toujours été heureux pour eux! Parfois même heureux grâce à eux, rien qu'à les regarder! Leur amour était quelque chose d’unique dans cet univers que nous découvrions nuit après nuit...
De si précieux...

Cet instant était à savourer!
Ensemble nous avions fait tombé un ancien!
Face à Maldonato nous n’avions fait qu’un.
Tous unis.


*


Mais lui, où était-il? L’annulaire...
Où s’était encore égarée ma Tristesse Noire?

BlackSad?!


« I've been seeing all, I've been seeing your soul
Give me things that I've wanted to know
Tell me things that you've done
I've been feeling old, I've been feeling cold
You're the heat that I know
Listen, you are my sun 

Hush, I said there's more to life than rush
Not gonna leave this place with us
Drop the game, it's not enough»


https://www.youtube.com/watch?v=ngt3IaF3_Xo




.

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Xiam
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Re: Saison 1 - Piece of Mind

Message par Xiam » lun. 13 juin 2016 00:27

Episode La fin du monde 1/2

Nemrod a écrit : « L’illusion de la réalité et le concret du rêve
Aimé semble tourner de l'oeil, je le rattrape et dans un souffle
lui glisse quelques vers a l’oreille, qui lui sont exclusivement destiné 

Mène moi a toi, emprisonne moi,
car je ne saurais vivre libre, ni même chaste,
sauf a l'abri de tes bras.

Si mon coeur dit oui et que mon cerveau dit non,
Si mon esprit envie, et que ma raison confond,
Si chaque minute qui passe
rythme mon sang et mes angoisses.

Alors le chantre de ces vallées de lumière
Que nous arpentons tout les deux
Au détour d'un arbrisseau, chantera,
le poème joyeux de ces astres clairs,
qui brille au fond de tes yeux.

C'est à l'aulne des martyrs
que j'ai revu la partition,
de ces amours qui m'attirent,
sur les sentiers de ta perdition.»

Image

Mes lèvres ne quittent pas les siennes et pourtant sa voix susurre à mon oreille.

Avant qu'il ne m’effleure j’étais encore vierge et je ne le savais pas.
Malgré les centaines d’étreintes Son baiser est ma première fois.
Tout s’efface autour, l’aéroport, le danger de la bataille... le danger est là contre mes lèvres, le poison et son antidote.

Je suis comme pris de fièvre. Sur le point de perdre connaissance...
mais qu’importe, ce ne serait que pour l’y retrouver, lui qui hante mes songes depuis si longtemps déjà.
Auprès de lui je me sens si faible et pourtant bien satisfait de l’être; faible pour qu’il revienne me sauver encore et encore...et encore
Ma seule ambition était qu’une nuit il réalise combien je l’attendais. Qu’il vienne s’emparer de ma liberté, qu’il enlace ma solitude.

J’avais été patient.

Mais j’avais fini par perdre espoir; Il ne remarquait pas.
Il n’avait d’yeux que pour l’autre monde, celui des Esprits immatériels et je suis un être de sang.

Auprès de lui je n’ai jamais usé d’artifices. Je les connais pourtant bien toutes les astuces, les ruses; en sa présence je n’ai même pas ce pouvoir là.
Je n’avais pas tissé de toile pour qu’il vienne s’y perdre, pas tendu de filets. C’est libre qu’il était venu à moi.
Libre et imprévisible, comme toujours...
Au moment où je l’attendais le moins.

J’étais le prisonnier. Celui qui s’était fait à l’exiguïté de sa geôle et que finalement...on délivre; qu’on éveille au rêve d’un baiser.
Comme dans les contes.
Le gentleman cambrioleur avait la clé!

Les films, les chansons, les poèmes ne mentaient pas.
Il était là, mon idéaliste!
Mon artiste virtuose me choisissait pour muse et nous composions ensemble un instant inoubliable, rien que pour nous.
Malgré le tumulte assourdi tout autour.
Un de ces moment où l’on pourrait mourir béa si tout s’arrêtait là, sur cette dernière note.

Mais nous étions déjà morts.

"Viens, douce nuit ; amoureuse au front noir, donne-moi mon Roméo, et, quand il sera mort, prends-le et coupe-le en petites étoiles, et il rendra la face du ciel si splendide que tout l'univers sera amoureux de la nuit et refusera son culte à l'aveuglant soleil… Oh ! j'ai acheté un domaine d'amour, mais je n'en ai pas pris possession, et celui qui m'a acquise n'a pas encore joui de moi.

"

Roméo et Juliette, acte III, scène 2
William Shakespeare


*

Le Prince Vidal, Francis Calege, Sarah Linderman... la réalité de notre non-vie de vampires nous rattrape. Les anciens nous arrachent à l’extase.
Ils sont là pour Caïn, pour une prophétie.
Pour en tirer gloire, pouvoir ou destruction alors qu’une éternité d’amour est à portée de main...

*

Mais désormais il sait où se trouve mon domaine
Et il saura m’y rejoindre.



"Wildest Dreams"

He said, "Let's get out of this town,
Drive out of the city, away from the crowds."
I thought heaven can't help me now.
Nothing lasts forever, but this is gonna take me down

He's so tall and handsome as hell
He's so bad but he does it so well
I can see the end as it begins
My one condition is

Say you'll remember me
Standing in a nice dress,
Staring at the sunset, babe
Red lips and rosy cheeks
Say you'll see me again
Even if it's just in your

Wildest dreams, ah-ha ohh,
Wildest dreams, ah-ha ohh.


I said, "No one has to know what we do "
His hands are in my hair, his clothes are in my room
And his voice is a familiar sound,
Nothing lasts forever
but this is getting good now

He's so tall and handsome as hell
He's so bad
but he does it so well
And when we've had our very last kiss
My last request it is

Say you'll remember me
Standing in a nice dress,
Staring at the sunset, babe
Red lips and rosy cheeks
Say you'll see me again
Even if it's just in your
Wildest dreams, ah-ha ohh,
Wildest dreams, ah-ha ohh.

You’ll see me in hindsight
Tangled up with you all night
Burning it down
Someday when you leave me
I bet these memories
Follow you around


https://www.youtube.com/watch?v=Vf-MW_gl6TU




.
Modifié en dernier par Xiam le mar. 14 juin 2016 02:28, modifié 2 fois.

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Re: Saison 1 - Piece of Mind

Message par Xiam » mar. 14 juin 2016 02:12

Image

Episode La fin du monde 2/2
(Il n’est pas du tout nécessaire de lire les dialogues pour comprendre le texte, ce qui est en gras suffit!)


Blacksad, mystique de Papa Legba, Grand Gardien Vaudou du Croisement entre les mondes, s’approche du coffre secret de l’archiviste du Prince Vidal.
D’une griffure il entaille la paume de sa main pour y dessiner le symbole sacré du Loa du Passage qu’il invoque dans une prière. Il termine par une incantation connue de tous, pour le plaisir de l’effet:
« Abracadabra!»
Il tourne la molette du coffre qui s’ouvre comme par magie.
Contient-il le dernier fragment du Livre de Nod capable de nous éclairer sur le sort de la fille d’Eve dans la prophétie?
Non; à l’intérieur une partition de musique et des chaussons de danse brodés à l’ancienne.
Voilà ce que chérissait plus que tout cette perverse créature, des vestiges de son humanité dans la lointaine Italie de la Renaissance. La pointure des chaussons est petite; Maldonato a un jour été enfant, c’est tellement difficile à imaginer...

Nous n’en savons pas plus sur le sort de Joy, va-t-elle mourir lors de la Cérémonie prévue au Corpus Christi? De Savoy et Calege ont besoin du sang de cette dernière pour réveiller Caïn et faire tomber Vidal. Mais en quelle quantité? Le textes disent une goutte mais aucun ne précise le sort de la Fille d’Eve après le rituel.

Antoine de Savoy, l’aristocrate du Moyen Âge tardif qui se voit déjà Prince à la place de Vidal, commence à tourner en rond « Bon, Vidal va arriver, on doit se rendre au Corpus Christi. Vous n’allez pas commencer à acheter les conneries de Vidal? La loi, l’ordre! Vous n’allez pas commencer à acheter les conneries de Linderman non-plus?!»

Non, bien sûr, il préfère que l’on achète les siennes! Tous nous mentent; ou du moins filtrent leurs vérités.

Antoine de Savoy: «Il faut tuer Vidal, on a qu’un seul moyen, vous le savez!»
Blacksad: «C’est pas à moi de prendre cette décision, c’est à Joy de prendre sa décision.»
Antoine de Savoy: «Vous savez quoi? Ce que l’on va faire... Vous allez vous concerter entre vous. Vous avez 15 minutes, si dans 15 minutes vous n’avez pas pris de décision je la prend pour vous!»
L’Ancien vampire quitte la pièce.


Eliot: «Et bien pour moi c’est à Joy de prendre la décision.»
Théodore: «On est bien d’accord.»
Joy: «Prendre quoi comme décision? »
Eliot: «Si on réveille Caïn ou pas.»
Joy: «Il y a trois choix qui s’offrent à nous en fait. On peut laisser les choses telles quelles, conserver le corps de Caïn. On peut redevenir humains. Ou on peut réveiller Caïn. Il y a trois possibilités qui s’offrent à nous.»
Eliot: «C’est pas faux.»
Blacksad: «Aimé, tu étais enfermé avec Linderman, est-ce que tu as eu l’occasion de parler avec elle?»
Aimé: «Son vrai nom c’est Claudia. Elle fait partie d’une sorte de secte qui est là pour protéger Caïn.»
Joy: «Vous avez été enfermés avec Linderman et vous l’avez pas égorgée?»
Aimé: «Je pense qu’elle est assez confuse comme ça.»
Joy: «Oui elle est assez confuse c’est ça! Pour m’attraper à la gorge elle était vachement confuse, ouais!»
Aimé: «...quand tu dis qu’il y a trois options, est-ce que tu en sais davantage à propos du Prince? Comment est-ce qu’il compte s’y prendre, lui?»
Joy: «Il n’a pas l’intention de réveiller Caïn, il n’a rien à y gagner.»
Aimé: «Mais mettre un terme à la... enfin faire aboutir la prophétie c’est donner ton sang, mais dans ce cas réveiller Caïn comment ça marche? Je pensais qu’on avait peut-être aussi besoin de ton sang!»
Joy: «Je pense que pour l’un comme l’autre, on a besoin visiblement de mon sang.»
Aimé: «Oui c’est ça donc il y a deux alternatives qui sont un peu semblables.»
Joy: «Il n’y a pas les mêmes conséquences.»
Aimé: «Mais la troisième ce serait...»
Joy: «De rien faire.»
Aimé: «Oui mais il faudrait Tuer toutes les personnes qui te poursuivent parce-qu’elles ne s’arrêterons jamais!»
Joy: «Ben je pense, ou du moins j’espère, que le signe dans le ciel va finir par tomber un jour. Ca ne va pas durer indéfiniment.»
Aimé: «Ah tu penses qu’il faudrait attendre...»
Joy: «Je sais pas enfin...»
Aimé: «Moi j’ai l’impression que tant que tu seras en vie les personnes connaissant la prophétie essaierons de l’accomplir et de t’utiliser pour ça. Donc j’ai l’impression que pour cette option là il nous faut tuer tous ceux qui ont connaissance de la prophétie.»
Eliot: «On sait bien que c’est impossible, vu combien on s’est fait laminer par notre ami Vidal, et personnellement j’ai pas envie d’affronter De Savoy non plus, il a l’air de savoir ce qu’il fait au combat.»
Joy: «Je sais pas mais si on éloigne les trois choses qu’il nous faut pour accomplir la prophétie; je sais pas si on brise l’épée ou si on me tue...on peut plus la faire.»
Eliot: «Enfin te tuer ce n’est pas vraiment une option.»
Joy: «De toutes façons je ne pense pas que nos amis, si il faut plus d’une goute, je ne pense pas qu’il vont se gêner! Donc, il faut avoir ça en tête.»
Aimé: «D’autant plus que l’on a vu combien les Anciens étaient gourmands quand ils se réveillaient; ne serait-ce que quand on a sauvé...ton Sire. Il avait relativement soif.»
Blacksad: «En même temps si De Savoy a raison en voulant réveiller Caïn, peut-être que Caïn se nourrira de Vidal.»
Joy: «Ou de la première chose qu’il aura sous la main, c’est à dire moi.»
Blacksad: «Oui, effectivement, c’est une théorie. Mais de toutes façons on ne peut pas prendre le risque de te sacrifier.»
Joy: «Enfin c’est ce qu’ils ont l’air de dire, quand les anciens se réveillent ils mangent tout ce qu’il y a sur leur passage et vu que j’aurais donné une goutte de sang normalement je ne devrais pas être très loin de lui!»
Eliot: «Ils ont dit...ouais une goutte de sang chaud. C’est ça le problème!»
Joy: «Oui, voilà! »
Blacksad: «Ca veut dire quoi une goutte de sang chaud?»
Joy: «Ben sinon Vidal m’aurait déjà mise sous perf et l’aurait extrait!»
Aimé: «Ouais. Et puis Blacksad à un moment dans le Livre de Nod il est dit qu’il est interdit de boire du sang de Loup-garou, que Caïn nous jugerait tous, et je pense qu’il ne te le pardonnera pas.»
Blacksad: «Je me moque qu’il ne me le pardonne pas.»
Joy: «Vous voulez redevenir humains?»

Vieillir à ses côtés, dans une petite maison du quartier du Treme; sous un porche de bois, l’écoutant gratter sa guitare sur son rocking-chair. Il aurait toujours la même malice dans un oeil à la paupière plus lourde et à la commissure simplement plus ridée. De belles rides profondes, d’avoir trop souvent plissé l’oeil pour sourire...
Et les enfants du quartier viendraient chercher les bananes et les beignets toujours offerts... nos petits-enfants parmi eux peut-être...


Joy: «Vous voulez redevenir humains?»
Eliot: «Oui»
Aimé: « Mais pas à n’importe quel prix!»
Blacksad: «Si c’est au prix de ta vie, non.»

Joy: «De toutes façons il faut qu’on fasse un choix. Dans tous les cas, soit potentiellement je peux mourir soit on va me rechercher jusqu’à la fin de mes jours, donc éternellement...ça va être long!»
Aimé: «Claudia a dit...enfin Sarah Linderman a dit que tout ce qui arriverait à Caïn arriverait à sa descendance et...»
Joy: «On ne peut pas tuer Caïn.»
Aimé: «Si tu dois mourir par l’accomplissement de la prophétie autant que l’on meure tous et que l’on mette son corps au soleil. Je vois pas pourquoi tu payerais le prix pour nous...»
Blacksad: «Pour nous tous. Je suis entièrement d’accord avec Aimé.»
Aimé: «On s’est réveillés ensembles au parc Louis Armstrong.»
Joy: «C’est ridicule, quitte à être sacrifiée autant que ce soit pour quelque chose. Enfin...»
Aimé: «Ce serait quelque chose puisque l’on débarrasserait l’humanité des vampires. On a à peine quelques nuits et on a pu voir toute l’horreur dont les vampires étaient capables. Donc ce ne serait pas une petite chose.»
Joy: «Je ne suis pas d’accord, il y a des choses qui sont belles aussi! On n’a vu que le mauvais côté.»
Eliot: «Il y en a qui m’ont paru pas si mauvais que ça, dans le fond.»
Aimé: «C’est vrai mais c’est juste que je ne vois pas pourquoi tu paierais pour tous, et...»
Eliot: «Ouais, mais pourquoi on devrait tous les assassiner? Parce-qu’au final c’est ça!»
Aimé: « Mais vous pensez qu’on a vraiment aucunes chances d’éliminer les vampires qui sont au courant de la prophétie?»
Théodore: « Ben non, tu sais qu’on n’a pas de chances. On n’est pas assez forts, on est trop faibles, on est trop...»
Joy: «Oui mais d’un autre côté si on ne tente rien! On peut rester là les bras croisés, rien faire et attendre que ça nous tombe sur le coin du nez. Enfin autant laisser De Savoy décider pour nous alors!
Aimé: «Voilà! c’est un peu la seule...»
Joy: «Ou attendre que Vidal arrive et faire comme d’habitude. C’est un peu ce que Chloé nous avait dit finalement! On est là à se plaindre et on attend!»
Théodore: «Et ben on monte dans une voiture et on roule, on se barre...»
Aimé: «Essayer de les faire tomber ce serait la seule solution pour ne pas subir et essayer d’agir!»
Joy: «Et juste ce que l’on a envie nous. Pourquoi on ne prendrait pas une décision pour nous?»

Blacksad: «De toutes façons, quoiqu’il en soit tous nos destins sont liés.»

Théodore: «Qu’est-ce que vous voulez alors?»
Blacksad: «Peut-être que grand mère Nanane pourrait nous faire part de sa sagesse?»
Théodore: «Pourquoi pas...»
Joy: «On demande à quelqu’un d’autre de prendre un décision pour nous?!»
Blacksad: «Non, c’est demander conseil à quelqu’un de plus expérimenté.»
Théodore: «On a trois opportunités. Linderman, elle veut faire redevenir tout le monde humains. Dans les trois cas il faut que Joy se vide de son sang.»
Aimé: «Dans les deux cas; deux sur trois.»
Théodore «Mais pourquoi deux sur trois?»
Aimé: «Parce-que si on essaie de détruire les autres on a des chances de mourir mais au moins on a aussi une chance qu’elle survive.»
Théodore: «Mais si on essaie de détruire les autres moi je pense que ce qui va se passer c’est qu’ils vont nous mettre nous quatre en pâtée et qu’ils vont récupérer Joy et faire ce qu’ils ont à faire.»
Eliot: «Tout simplement! Et au final on sera morts pour rien.»
Théodore: «Voilà!»
Blacksad: «Pas si on est préparés»
Eliot: «Ou alors sinon il y a une solution simple, laissons le hasard trancher. Le hasard est impartial!»
Blacksad: «Tu proposes de jouer à pile ou face?»
Eliot: «Ah, si on arrive pas à prendre une décision c’est peut-être encore la meilleure solution, non?»
Aimé: «Mais vous...»
Joy: «Ce dont on a envie...Aimé tu veux quoi? Qu’est-ce que tu veux?»
Aimé: «Ben moi je veux pas que tu meures, donc je veux pas qu’on fasse cette prophétie...»
Théodore: «Ben je crois qu’on ne veut tous pas la même chose; on ne veut pas que Joy meure.»
Joy: «Mais on n’en sais rien si il faut une goutte ou pas donc partons du principe qu’il faut qu’une goutte.»
Eliot: «Alors, une goutte alors.»
Joy: «Du coup qu’est-ce que tu veux Aimé? »
Aimé: «Ben dans ce cas je veux qu’on accomplisse cette prophétie mais en nos propres termes, pas pour assoir le pouvoir de quelqu’un d’autre.»
Joy: «Est-ce que tu veux rester vampire et essayer peut-être, je sais pas, de contrôler la Nouvelle-Orléans? Est-ce que tu veux redevenir humain? Ou est-ce que tu veux finalement que Caïn se déchaine et peut-être nous tue potentiellement tous?»
Aimé: «Pas la troisième option, on va fonctionner pas élimination!»
Joy: «Je sais pas si Caïn va nous tuer tous c’est vrai que j’ai présenté cette option un peu négativement on va dire!»
Théodore: «Le problème c’est que la meilleure option qui se présente maintenant c’est réveiller Cain pour buter Vidal, quelqu’un prend sa place et ce serait absolument la même chose. On réveille Cain, il butte tout le monde c’est la même chose. La seule option qui me semble un peu préférable, si on part du constat qu’il n’y a qu’une goutte de sang, c’est le cas Linderman on va dire.»
Eliot: «Ca me fait mal de le dire mais...»
Théodore: «Ca fait mal à dire mais c’est la seule qui semble moins pire, entre guillemets!»
Joy: «On va tous redevenir humains et du coup vous croyez quoi, que Vidal il va être content de redevenir humain? Ca va être une guerre pareille sauf qu’on sera vulnérables...aux balles.»
Aimé: «Mais lui aussi!»
Eliot: «Mais lui aussi, oui.»
Blacksad: «On sera peut-être vulnérables mais on ne pourra pas être torturés, pendant des millénaires en étant torturés. Parce-que finalement, de ce qu’on a pu retenir, il y a de nombreuses façons de faire souffrir un vampire et comme ils sont immortels!»
Joy: «C’est vrai qu’un humain..!»

Theodore: «Bon allez là il faut se dépêcher car il va bientôt se ramener!»
Blacksad: «Moi je vote Linderman.»
Eliot: «Ouais! Je vote l’humanité aussi.»
Théodore: «Mais on fait comment, Linderman elle est où?»
Blacksad: «Linderman elle est sur le bord d’une route sous un arbre.»
Théodore: «Joy tu votes quoi?»
Joy: «Si on redevient humains je peux vous dire que Linderman elle passe pas un hiver!»
Théodore: «Elle n’en passera même pas un demi.»
Blacksad: «Mais peut-être qu’elle n’a pas envie de passer un hiver! Peut-être qu’elle a simplement envie de mourir tranquillement et qu’elle en a trop vu.»
Joy: «Et elle est obligée de faire chier tout le monde? Elle a cas ouvrir la porte et aller se foutre au soleil, elle va mourir là! Elle a besoin de redevenir humaine pour mourir?!»
Blacksad : «Non mais il y a mourir brulée par le soleil dans d’atroces souffrances et mourir d’une crise cardiaque, enfin je veux dire...»
Théodore: «Là on a trois minutes les gars. Au lieu de parler de machin et tout, c’est soit on prend une décision soit il vient la prendre pour nous! Et ça nous laisse que deux minutes pour...»
Blacksad: «Ben il reste trois personnes à voter. Eliot et moi on a voté!»
Théodore: «Alors?»
Joy: «Moi je me sens bien en vampire, mais bon...»
Aimé: «Et dans ce cas comment rester vampires? Il faut s’enfuir?»
Eliot: «Non il y a la solution avec Cain, on le laisse buter Vidal.»
Aimé: «Et ensuite les autres auront le pouvoir?»
Eliot: «Ouais mais qu’est-ce qu’on s’en fout des autres?»
Joy: «Les autres? Et pourquoi pas nous?»
Aimé: «Parce-que c’est eux qui détiennent le...»
Eliot: «Personnellement j’ai pas envie d’avoir le pouvoir, je le laisse, je me casse et je veux juste qu’on me laisse pépère.»
Blacksad: «De toutes façons il n’y a plus personnes dans la Nouvelle-Orléans.»
Théodore: «On pourra reconstruire.»
Eliot: «Au pire c’est qui qui va reprendre le pouvoir? Antoine De Savoy? Au fond pourquoi pas, il m’a l’air plus sympathique que Meadows ou Vidal, donc...»
Blacksad: «Enfin c’est partir du principe que Caïn va pas s’en prendre à Vidal ou à Calege juste après.»
Théodore: «Donc, on fait quoi?!»
Blacksad: «C’est à vous de voter.»
Eliot: «Nous on a voté, c’est bon.»
Théodore: «Moi de toutes façons je suis Joy. Mon vote je m’en fous, je prendrai exactement la même chose. Je fais ce qu’elle a envie de faire.»
Aimé: «Moi c’est pareil, c’est sa vie.»
Joy: «C’est un peu facile!»
Theodore: «Non c’est pas un peu facile, ta décision sera la mienne.»
Eliot: «Ceci dit ça tranche, on reste des vampires...»
Théodore: «Si toi tu veux rester vampire on restera vampires, je suis ton avis.»
Aimé: «Dans ce cas comment rester un vampire semi-vivant et pas mort alors? Comment est-ce qu’on s’en sort?»
Eliot: «Bon allez c’est bon, on réveille Caïn. On a tranché...»
Aimé: «Mais qui vous dit qu’on arrivera à le contrôler? C’est un créature ancestrale...»
Eliot: «Et ben c’est pas grave, maintenant c’est fait on a voté!»
Blacksad: «L’idée c’est pas d’essayer de le contrôler justement?»
Theodore: «Calege apparemment a une technique, c’est un malade mental de toutes façons, ce pauvre con je vais le buter dès que possible.»
Aimé: «Mais si on arrive pas à le contrôler il va déclencher la fin des temps pour les vampires.»
Theodore: «Au pire on mourra tous. Et comme ça au moins...»
Blacksad: «Il faut bien voir que la fin des temps ça ne veut pas forcément dire la mort, ça veut peut-être dire l’évolution.»
Aimé: «Oui mais dans les textes ils disent qu’il va juger tous les vampires et ceux qui n’ont pas obéi à ses règles comme toi vont périr.»
Eliot: «Ah mais c’est peut-être des superstitions.»
Théodore: «Bon il nous reste 30 secondes là.»
Joy: «On peut essayer de combattre Vidal et De Savoy.»
Aimé: «Oui!»
Joy: «Et Calege. Moi ça me fait vraiment peur de réveiller Caïn.»
Aimé: «Moi aussi...»
Joy: «Si il se réveille et qu’il va chercher tous les vampires sur terre, tous les humains, des innocents!»
Eliot: «De toutes façons j’ai envie de dire on ne peut pas le savoir. Faut bien qu’on fasse quelque chose!»
Joy: «Oui mais c’est pas une fois qu’il sera réveillé qu’on va se dire oops... ça fait un gros oops!»
Blacksad: «On a bien vu.. enfin je veux dire...»
Théodore: «On n’a plus le temps. On redevient humain ou on réveille Cain!»
Blacksad: «tout ce que notre quête nous a apprit c’est qu’il existait tout de même des êtres supérieurs. Je veux dire, Antoine de Savoy possède une épée angélique qui est censée avoir déjà combattue Caïn. Cette épée elle vient bien de quelque part! Ce qui veut dire que si on réveille Caïn je pense pas que ce qu’il y a au dessus ne réagisse pas à un moment. Il faut avoir la foi.»
Joy: «Ben du coup si on réveille Cain ça veut dire qu’on ne demande pas pardon à Dieu donc à mon avis Dieu il va dire débrouillez-vous!»
Blacksad: «C’est présumer.»
Joy: «Tout comme ce que tu fais. Tu présumes la bienveillance de Dieu.»
Blacksad: «Non, je ne présume pas la bienveillance, je dis qu’il y a quelque chose qui pourra peut-être faire quelque chose. Je n’ai pas dit que ce serait pour notre bien.»
Joy: «Quelque chose qui va faire quelque chose... ben peut-être Caïn qui va nous bouffer, par exemple.»
Blacksad: «Dans tous les cas je préfère être bouffé par Caïn que torturé pas Vidal. Dans tous les cas ça finit mal pour nous.»

De Savoy entre dans la pièce, le temps qu’il nous a imparti touche à sa fin.
«C’est bien, vous avez discuté, ça fait 15 minutes là! On y va?!»


On y va?! Je la reconnais bien sa méthode, magnanime il laisse le "choix" mais il faut choisir ce que lui veut; un faux-semblant de libre arbitre. Et si on fait le "mauvais" choix, il se fâche!
Pendant qu’il arrive dans la bibliothèque je me positionne doucement derrière lui, tout naturellement puisqu’il n’a aucunes raisons de se méfier de moi. Je n’arriverai jamais à l’affronter de face, mais il nous sous-estime, c’est le seul moyen. Je lui plante un pieu dans le dos.
De Savoy tombe à genou, le pieu en plein coeur. Je m’empare de son épée et lui tranche la tête qui roule sur le sol.
Je les regarde.
« Maintenant ça change la donne, on peut refaire un tour de table...On a l’épée de Gabriel.»




J’ai tué De Savoy.
Pour nous libérer de son ambition, pour nous libérer du joug de ces anciens vampires qui nous balancent de part et d’autre sans ménagement, n’ayant aucunes considérations pour ceux qui n’ont le sang ni bleu ni centenaire.
Ma guillotine a tranché.
Pour que son épée nous protège et jamais ne nous menace. Pour en connaitre le manche plutôt que la lame.
Pour notre liberté et celle de Joy.
La liberté de choisir notre destinée.

Au moment où ma lame a tranché la tête d’Antoine de Savoy j'ai su que je l’avais perdu. J'ai lu dans son oeil qu'il ne me pardonnerait jamais ce geste; que pour lui je ne serais plus jamais le même.

Je crois que sur le moment il aurait préféré me tuer plutôt que de me voir ainsi chuter du piédestal sur lequel il m’avait placé, paré de tant de vertus que je ne possède pas; trônant désespérément seul et hors d’atteinte, y compris de la sienne.
Je crois même qu’il y a sérieusement pensé.
Mais la pulsion dans son oeil s’est finalement éteinte, la déception y prenant la place de la fureur. Puis son regard s’est mis à me fuir.

Pour lui j’avais toujours su trouver le pardon au plus profond de moi; quoiqu’il fasse.
Lorsqu’il avait tué, lacéré, volé... Pas une circonstance atténuante que je ne puisse lui trouver quand tous les indices dénonçaient sa culpabilité.
Je m’étais fait l’avocat du diable. Et lorsque je m’étais retrouvé à court d’arguments, j’avais fermé les yeux...
Au sens figuré.
Comme au sens propre.

 Mais toute chose n’a pas sa réciproque.
Aurai-je dû plaider ma cause auprès de lui moi-même?
Non, je ne suis pas un Saint! Cela me rend-il pour autant indigne d’être Aimé?

***

Le soleil va bientôt se lever, nous avons trouvé refuge dans une grotte pour fuir la prophétie.
Blacksad est assis, l’épée de l’archange posée à ses côtés, encore entachée du sang de mon homicide.
Enfin il me regarde mais ne me répond pas, contre toutes attentes il m'enlace pour me laisser passer le jour dans ses bras.

C’est inespéré. Après avoir nié ma présence comme celle d’un intouchable.
Il a toujours su me surprendre...
Je me blottis contre lui, j’ai besoin de le toucher pour y croire; comme on se pince pour être certain de ne pas rêver. Il a trouvé la force de me pardonner, de faire l’effort de comprendre mon geste.
De m’accepter malgré la violente souillure de mon acte venue entacher à jamais mon innocence.
Imparfait.
Impur.
Mais toujours aimant, malgré tout...
Mes yeux se ferment.

*

Mais une fois endormi, pas de rêves d’amour au longs baisers de cinema... muet mais en Technicolor!
Non, je ne le retrouve pas dans mon sommeil comme à notre habitude... il ne dort pas!

Nemrod a écrit :

Sous mon regard s'étend une infinitée d'étoile.
A mes oreilles, résonne le chant celeste.
Sous mes mains le contact froid du métal de l'épée,
rouge du sang de son ancien maître.

Mon œil parcourt la caverne,
alors que je fais un véritable effort de volonté pour,
me maintenir éveillé.
Ma décision est prise, et je ne peux m'empêcher de le contempler.

Je m'assois a ses cotés, perdant une main dans ses cheveux.
Je prend ma veste et lui fait un oreiller de fortune.
Pour la première fois, je ne serai pas le musicien, mais le chanteur.

Ma voix susurre, ma voix chuchote,
des mots d'amour, et de tendresse.

Alors que le serpent aux yeux d'émeraude,
se love autour de son cou, dans une étreinte
pleine, d'une éternelle promesse.
Image
Une odeur de cigare me réveille.
Le parfum préféré du Loa du Passage.
Blacksad n’est pas là. Ma tête ne repose plus sur son épaule mais sur sa veste délicatement pliée pour m’être confortable.
Des lueurs vacillantes attirent mon regard.
A quelques dizaines de pas brûle un cercle de bougies noires; et en son centre un symbole vévé de Papa Legba dessiné dans la poussière. Quelques cigares s’y consument en offrande.
Il est parti. L’insaisissable!
Il m’a deserté.
Le portail magique est encore fumant...

D’un geste emporté je brouille le symbole sacré dessiné sur le sol et renverse les cierges noirs d’un revers de la main.
Je blasphème sans retenue.
Maudit soit Papa Legba, maudit le Baron Samedi.
Maudits soient-ils!
Maudit soit-il.
Un des cierges a échappé à mon désespoir, il brille seul dans l’obscurité de la caverne.
Il me manque le souffle pour l’éteindre.

Sa flamme danse encore mais mon attention ne se fixe pas sur cette condamnée, elle finira par s’éteindre... mon regard se pose sur les ombres qu’elle projette sur les parois anguleuses; ces ombres portées pourtant fuyantes mais qui finirons par tout recouvrir.

Mais le feu n’est pas encore mort et fait naître un éclat sur ma poitrine. L’oeil vert d’un petit serpent d’or réfléchit sa lumière. Le reptile aux yeux d’émeraudes se balance au bout d’une chaîne.
Il me l’avait offert lors de l’une de nos promenades nocturnes, lorsqu’il s’était introduit dans une bijouterie par effraction et qu’il l’avait volé pour moi. Je m’en étais séparé avant de partir danser au bal du Prince, lorsque je pensais l’avoir perdu lui, et à jamais, au profit de son cheminement mystique.
Je l’avais laissé dans ma chambre. Il devait l’avoir placé autour de mon cou avant de s’enfuir...

Image
Le bijou a été altéré. Il a dérobé l’autre émeraude, le serpent est borgne maintenant. Comme lui, ayant sacrifié l’un de ses yeux à son guide spirituel.
Une seule émeraude solitaire.
Au moins il réalise qu’en partant il m’ampute!

J’aurais dû l’enchaîner à moi.
Rester cette petite chose fragile, pour lui faire pitié.
Pour l’encrer. Lui faire comprendre que seul et sans défenses je ne survivrai pas.
Lui donner mauvaise conscience...

Il est parti avec l’épée. J’ai tué pour rien!
Si par là il annule mon geste, il annihile aussi du même coup ma démarche et ma volonté qui s’y manifestait.
Il n’en a toujours fait qu’à sa tête!
N’écoutant que ce que lui dictaient ses idéaux et les variations déroutantes de ses émotions. Toujours improvisant comme lorsque je l’écoutais jouer sur scène.
La vie n’a rien d’un récital, certainement pas la nôtre...

Il ne pouvait supporter la réalité et il m’y a laissé seul.

*

Pleurer jusqu’à l’hémorragie.

*

Puis quelques bruits de pas raisonnent dans la cavité de pierre.
Ils ne doivent pas me voir dans cet état, je dois me ressaisir pour eux!


***

You think I'd leave your side baby
You know me better than that
You think I'd leave you down when you're down on your knees
I wouldn't do that

I'll tell you you're right when you want
Ha ah ah ah ah ah
And if only you could see into me

Oh, when you're cold
I'll be there
Hold you tight to me

When you're on the outside baby and you can’t get in
I will show you you're so much better than you know
When you're lost and you're alone and you can't get back again
I will find you darling and I will bring you home

And if you want to cry
I am here to dry your eyes
And in no time
You'll be fine

https://www.youtube.com/watch?v=C8QJmI_V3j4

***

Les autres aussi sont partis, les uns après les autres. A la fin de la nuit il ne restait que moi.
A survivre seul j’aurais préféré que nous marchions tous ensemble vers le soleil, main dans la main. Notre lien n’en aurait pas été altéré!

Déliés.

J’ai pensé à attendre les rayons du soleil, mais la ville avait besoin de quelqu’un qui se souvienne d’elle. Je ne pouvais l’abandonner.
La ville et le fleuve qui serpente en son sein.


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