les montagnes hallucinées: Journal de bord

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fox p
BenScottiste obstiné
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Re: les montagnes hallucinées: Journal de bord

Message par fox p » jeu. 16 nov. 2017 22:33

Toujours aussi bon, quel plaisir.
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Zoug
Wyvern Bigyosaure
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Re: les montagnes hallucinées: Journal de bord

Message par Zoug » mer. 29 nov. 2017 16:40

Sabotages !

Nous sommes toujours le 25 septembre. Le retour à la réalité après la fête a été rude. Je décris les événements tels que je les ai vécus.

Tiraillé par mon envie d’uriner, je commence à descendre. Cela sent bien l’ammoniaque en bas. Près de la chambre froide, je découvre Coates, l’un des stewards. Il est inconscient. L’odeur est insoutenable. Une fois à l’intérieur, je vois très rapidement qu’il y a une fuite sur l’un des tuyaux et je remonte avant de tomber dans les pommes.

Je préviens les autres et Charlène propose intelligemment d’utiliser les bonbonnes d’oxygène prévues pour escalader les montagnes à haute altitude. En allant en chercher deux, elle se rend compte que la première est vide, aussi demande-t-elle que toutes les bouteilles soient vérifiées. Puis nous descendons ensemble dans la chambre froide.

Nous mettons beaucoup de temps à trouver le robinet pour couper l’arrivée d’ammoniaque. Une fois cela fait, nous avons juste le temps de voir des traces d’acide sur le sol sous la partie endommagée du tuyau, avant de manquer d’air. C’est donc un acte volontaire et pas un accident. Notre méfiance monte d’un cran supplémentaire.

Une grande partie de la nourriture fraiche est donc foutue et il va falloir plusieurs jours pour nettoyer. Starkweather et le capitaine sont en désaccord quant à la marche à suivre. Le Professeur veut aller de l’avant et refuse de faire demi-tour.

Moore, que nous mettons au courant de nos soupçons de sabotage, tente de minimiser les choses, mais nous apprend qu’une dizaine de bouteilles d’oxygène sont vides. Il nous demande de ne rien dire aux autres.

Nous décidons avec Charlène de faire de petites rondes pour vérifier que rien n’est anormal au niveau de la cargaison.

26 septembre 1933. Le travail de nettoyage se poursuit et l’ambiance au petit déjeuner est morose. Soudain, nous entendons des aboiements de plus en plus forts. Lorsque nous arrivons sur place avec Pulaski, le responsable des chiens, nous voyons que les chiens sont hors de leurs cages. Certains sont morts et d’autres sont littéralement enragés. Une odeur de pisse, de merde et de sang baigne les lieux.

Pulaski n’en croit pas ses yeux. Certains marins commencent à parler de rage et disent qu’il faut les abattre. Dépité, Pulaski se résout à tuer les plus féroces. Une fois, les autres remis en cage, Charlène prélève des échantillons d’eau et de nourriture, puis elle va consulter le docteur Green pour faire quelques tests. Ils trouvent des traces de strychnine.

Mis au courant, nos chefs et les officiers décident de convoquer les membres de l’expédition dans 20 minutes. En attendant, nous allons examiner les caisses où est stockée la nourriture des chiens. L’une d’elles contient bien du poison. Prévenus, nos responsables nous demandent de continuer nos vérifications discrètement.

Moore explique ensuite à l’équipe que la nourriture a été, en partie, contaminée. Si cela n’avait été découvert que sur le continent, des humains auraient pu être victimes. Ils doivent donc vérifier toute la nourriture. Autant dire que l’ambiance est plombée.

27 septembre 1933. Nouvelle journée de contrôles discrets pour Charlène et moi. Que l’on soit toujours ensemble fait partie des conversations qui reviennent à chaque repas. J’ai beau nier. Sykes passe son temps à en rajouter au grand plaisir des autres.

Nouvelle découverte ! Cette fois, nous trouvons de l’acide dans l’huile des générateurs. Nous prévenons Miles qui va les réparer, mais Charlène et moi sommes désormais certains qu’un saboteur est parmi nous.

28 septembre 1933. Dans la cale n° 2, parmi les bidons de carburants, je découvre dans un paquet en tissu : une bobine, une mèche à combustion rapide et des détonateurs. Tout ce qu’il faut pour faire une bombe incendiaire !

Nous décidons que Charlène préviendra les chefs pendant le repas. En attendant, nous allons cacher les explosifs dans sa cabine, puisqu’elle y est seule. Lorsque nous y entrons, je vois que Sykes nous regarde en souriant. Préférant ne pas dévoiler la présence des bombes je lui fais un clin d’œil entendu.

Mon arrivée dans la cambuse pour le repas se fait sous les applaudissements. C’est embarrassant, mais au moins Charlène et moi avons désormais une excuse pour trainer ensemble un peu partout.

De son côté, Charlène, après avoir parlé des bombes et des générateurs, insiste pour que les cabines soient fouillées. Starkweather refuse et demande à Charlène d’aller me chercher.

Je confirme sans réserve les dires de la jeune femme et nous finissons par les convaincre. La fouille commence par les cabines de l’équipage qui regarde les membres de l’expédition avec ressentiment.

Tout le monde est sur le pont lorsqu’à 2 h du matin, le capitaine appelle Enig, un steward, et le met aux arrêts. La fouille continue, mais Moore nous fait signe de venir à lui discrètement. Ils ont trouvé dans la cabine d’Enig un article et un courrier qui font mention d’une expédition de la Miskatonic datant de 1925 et 1926. Plusieurs guides et porteurs seraient morts. Parmi eux, un certain Enig. De plus, deux petites bouteilles d’acide sulfurique ont également été découvertes. Enig est donc le coupable et il agirait par vengeance. L’écriture de la lettre ressemble à celle des messages qui m’ont été adressés.

Je ne sais pas pourquoi, mais je doute que nos ennuis soient terminés.
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Re: les montagnes hallucinées: Journal de bord

Message par fox p » mer. 29 nov. 2017 21:11

Bon sang, mais c'est terrible :D
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Re: les montagnes hallucinées: Journal de bord

Message par Zoug » ven. 5 janv. 2018 20:40

Enfin !

12 octobre 1933, je ne suis pas mécontent (et je ne suis sûrement pas le seul ) de voir les côtes australiennes. Nous attendons qu’un pilote prenne la barre et nous nous retrouvons enfin au port de Melbourne sur la terre ferme. Quel soulagement !

Une véritable foule nous attend et Starkweather y va de son baratin habituel devant les journalistes : « Heureusement grâce à lui, tout a été réglé. Qu’aurions-nous fait sans lui ? » Je sens à l’expression de Charlène qu’elle pourrait en énumérer une bonne liste.

Lorsqu’Enig est embarqué par la police, on nous convoque pour témoigner le lendemain matin. Moore nous ayant signifié que nous étions dispensés de vérifier les commandes comme à notre habitude, nous avons donc une journée pour nous. Nous décidons de la mettre à profit pour nous acheter quelques armes. Un peu de prudence et de prévoyance ne peuvent pas faire de mal.

Nous trouvons facilement une boutique, les Australiens sont aussi civilisés que les Américains de ce point de vue. Pour répondre à nos demandes un peu particulières (des armes pouvant résister au grand froid et tirer rapidement plusieurs coups), il nous propose un prototype de Garand, qu’il possède par connaissance. Le prix en est exorbitant, mais nous lui proposons de demander à son ingénieur d’ami, si nous ne pourrions pas faire un partenariat en testant son arme dans le grand froid et en lui en faisant un rapport complet.

En retournant au bateau, nous apprenons que Lexington faisait relâche en Tasmanie le 8 octobre. Sykes a profité de sa journée pour renouveler sa collection de magazines d’« art ». Il me propose d’aller passer la soirée au bordel, mais je décline poliment.

Le lendemain au palais de justice, nous faisons notre témoignage et l’on nous laisse rapidement tranquilles. Le reste du séjour se passe tranquillement. Nous avons assisté à la Melbourne Cup et nous sommes aller à un pince-fesses à l’hôtel de ville où Starkweather et Moore ont reçu les clés de la cité.

Le grand départ pour la dernière traversée a lieu le 18 octobre et les premiers jours sont plutôt calmes. Mais le 23, le baromètre chute et nous sommes pris dans une tempête bien plus forte que celle que nous avons essuyée après notre passage du canal de Panama. Il est impossible de tenir debout sur le pont et nous sommes malades.

Lorsque cela s’arrête enfin, nous assistons à un splendide coucher de soleil, les couleurs sont magnifiques et pour nous inconnues. Quelle splendeur !

Nous sommes un peu refroidis lorsque les marins nous expliquent que ce n’était là qu’une petite tempête. D’autant que nous commençons à rencontrer des icebergs sur notre route. Oui, le même genre de ce qui a fait couler le Titanic.

Le 26, fidèle au rendez-vous, la tempête se déchaine sur nous, la glace s’empare du pont et pendant que je suis en train de vomir tripes et boyaux dans un seau, nous entendons un grand fracas, puis des coups métalliques répétés.

En allant voir ce qui se passe, je passe mon temps à chuter et à être rattrapé au niveau de ma capuche par Charlène. Malgré sa dextérité à me sauver, je n’en prends pas moins de nombreux coups et je n’en mène pas large lorsque nous arrivons enfin dans la cale numéro 2 pour voir que deux des quatre moteurs de Boeing sont sans attaches et fracassent le reste du matériel. Il y a du pétrole partout qui s’échappe des fûts éventrés.

Nous décidons de nous servir de cordes pour bloquer les moteurs fous, mais pendant cette opération, je dois avouer que je suis plus un souci supplémentaire qu’une aide. Heureusement, Charlène était là. Sans elle, je n’y serais plus.

La tempête se calme le 28, mais nous avons perdu la moitié de notre pétrole, et un seul avion reste sur les trois. Le 29, Charlène va vérifier les attaches et constate qu’elles ont été sabotées, mais impossible de savoir de quand cela peut bien dater.

Plus nous avançons, plus nous sommes ralentis par la glace. Le 6 novembre, les cornes de brume de la Gabrielle retentissent. Nous pouvons voir, au loin, un bateau pris dans la glace. Nous formons une petite expédition pour nous rendre à son bord. Il s’agit du Wallaroo, un chalutier disparu depuis l’automne.

La coque est brisée en deux et il y a des traces d’explosion. Lorsque nous arrivons vers les cabines nous découvrons les cadavres de l’équipage, l’un d’eux est même totalement nu. Dans la cabine du capitaine, nous retrouvons ses restes desséchés avec un pistolet dans une main et une bouteille de whisky dans l’autre. Sans contestation possible, il s’est suicidé. Nous retrouvons son journal de bord et des photos de famille.

Charlène trouve dans un double fond du tiroir une clé et une bourse en cuir contenant des pièces d’or avec des gravures étranges : de bizarres créatures marines et des écritures d’origine inconnue.

Certains veulent partir au plus vite, nous ne faisons donc qu’un tour rapide des cales où ne découvrons rien de particulier. En sortant, nous voyons l’un de leur canot de sauvetage enfoui dans la glace à 1 km de là.

Lors de la réunion que nous faisons de retour sur la Gabrielle, l’ambiance est pesante. Chacun se rend compte concrètement que le danger nous guette à tout moment et que la mort n’est pas loin dans ces terribles contrées.

À l’aube du 14 novembre, nous pouvons voir la Chaine de l’Amirauté qui se dessine à l’horizon. Nous jetons finalement l’ancre. Nous sommes enfin arrivés. Le voyage depuis Melbourne a été très éprouvant pour moi, pourtant je sens que tout commence maintenant. Ce qui n’est pas pour me rassurer.
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