Tranches de vie. (Spoiler)

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Ysneyd
Farfadet Garou
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Tranches de vie. (Spoiler)

Message par Ysneyd » ven. 15 avr. 2016 18:44

La fillette entra dans le salon. Une vieille femme assise, au coin de braises mourante, la salua d'un mouvement de tête. On était un petit matin des premiers beaux jours.

Vêtue d'une grande robe à froufrou et d'une longue écharpe, faisant, là, office de Boa, l'enfant fit une révérence. Dans ses mains se trouvaient les instruments pour sa requête.

-Bonjour mamie Nova. Je voudrais des tresses. Des tresses comme les aiment Siegfried.

-Bonjour, jeune demoiselle. Il est tôt. En quel honneur vous êtes vous faites belle ?


La personne âgée se déplaça et prit place sur une chaise, laissant le tabouret de son métier à filer.

-Le jeune Völsungar n'est pas prévu pour ses prochains jours, jeune demoiselle. Allez viens d'asseoir Sérénade.

La dame tapota ses genoux. La fille y prit place, lui tendant les diverses brosses et ficelles.
L'ancienne commença à peigner les cheveux offerts.

-Si grand-mère. Je sais que Siegfried devrait arriver dans la journée. Il me l'a dit dans mon rêve qu'il voulait me voir. Il dormait mal, car il était en route.
Puis…. Puis je le sent. Je sent qu'il s'approche, là.


La petite désigna sa poitrine. La vieille finit de passer la brosse.

-Peux-tu me rendre service, Sérénade.

La réponse fut un hochement de tête.

-File à la fenêtre donnant sur les cordes à linge. Élisa doit y être. Dis lui de venir me voir ici dès qu'elle a finit d'étendre.

La fillette sauta au sol et courut ouvrir la porte fenêtre. Elle s'avança sur le balcon et aperçut la domestique. Faisant un grand mouvement de main :

-Bonjour Élisa. Bonjour les jumelles. Élisa Mamie nova souhaiterais te voir après que tu aie étendue le linge.

Les jeunes servantes à la voix se retournèrent et firent une révérence. Une d'elle se dirigea vers le bâtiment.
Sérénade revint sur les genoux de sa coiffeuse.

Celle ci finissait de peigner quand on frappa à la porte et entra. Il s'agissait de la jeune Élisa, qui n'en menait pas large.

-Élisa, faites préparer la chambre d'amis. Dites à Nicaise et à Gabriel que nous aurons sûrement les Völsungar à manger ce midi.

Un signe de tête de la Dame et Élisa repartie soulagée.

Il se passa quelques instants avant que la porte s'ouvre, sans que l'on frappe. Sérénade reconnue son père. Elle voulut se lever pour aller le saluer, mais cela tira sur ces cheveux. Elle resta donc assise pendant qu'on tressait sa deuxième couette.

-Monsieur.

Sérénade n'avait pas vu le geste, mais était toujours impressionnée de la manière ou Mamie Nova arrivait à saluer, quelque soit la position.

-Madame, Sérénade. Nova, puis je savoir pourquoi les Völsungar doivent arriver aujourd'hui ? Auriez vous des informations que je n'ai pas ?

-L'âme sœur d'une moitié, [g]Frédéric [/g]. Je me fit à l'instinct de votre fille.

L'homme leva les mains au ciel.

-Je déteste cette intuition féminine. Ce n'est pas scientifique tout cela.

Il sorti, comme il était entrée.

-Dites Grand mère, qu'est ce que l'instinct et l'âme sœur.

Finissant de poser le dernier nœud.

-L'instinct est une sorte de savoir invisible qui permet entre autre aux animaux de savoir ce qui est dangereux ou bon.
Pour l'âme sœur, c'est plus compliqué. C'est la relation entre deux personnes, au-delà de l'amour. C'est comme ci chacune de ces personnes étaient le prolongement de l'autre. Comme toi et Siegfried.

-Comment cela ?

-Tu sais qu'il vient ? C'est une des choses qui fait parti de ces âmes sœurs. Quand tu étais petite et que l'un de vous pleurait, on mettais l'autre à côté, vos mains se joignaient et vous cessiez de pleurer. Comme dis ton père. Cela n a pas lieux d'être, ce n'est pas scientifique. C'est pour cela que c'est difficile à expliquer.


Sérénade secoua négativement la tête.

-Je crois que j'aie compris. C’est le fils invisible qui relie mon fiancé et moi. Je suis grande, Mamie Nova. J'ai presque 10 ans tu sais.

La vieille femme secoua la tête.

-Je sais, mon enfant, je sais. J'étais là quand tu es venue au monde. Maintenant file déjeuner et va ranger ton Boa.

La fillette se dirigea vers la porte et quitta la pièce. La majordome se leva et se tapota le dos. Son regard se porta sur son métier à tisser. Elle n'avait pas le temps pour cela aujourd'hui. Dire qu'il n'était même pas 7 heures. La journée promettait d'être chargée.
Elle prit sa canne pour marcher. Ce n'était vraiment plus de son âge.
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Re: Tranches de vie. (Spoiler)

Message par Ysneyd » lun. 2 mai 2016 18:30

Article de Mechanicus Day a écrit :Image Il est des lieux où le froid est un lointain souvenir. Les fonderies en font partis. Celle de la famille Goering en fait partie. Dernière des usines créer par le roi julien XII. Il s'agit de l'entreprise de fabrication de munitions de la noble famille Goering. Ce lieu tourne 24 heures sur 24 afin de fournir une partie de notre Bonne armée.

Un certain nombre d'étudiants eurent la chance de pouvoir la visiter en compagnie de quelques gradés et à l'origine de notre aimé Empereur Nicolas « le Bon » 1er. Le matin, nous visitâmes la fabrication des douilles et des balles. Nos guides, des ingénieurs locaux connaissaient leur sujet sur les différents processus. Mais une gamine, d'à peine 16 ans, leur posa plein de questions embarrassantes. La pointe de la technologie, mais de nombreuses modifications à faire, d'après elle, afin d'améliorer la productivité. L'installation de fontaine d'eau tiède pour permettre aux ouvriers de se rafraîchir la gorge, un envoi des fumées d'eau des presses vers l'extérieur, ou bien vers d'autres machines afin de les alimenté via des pistons…. Enfin, une enquiquineuse de première soit disant étudiante du professeur Mead George Herbert. C'est vrai, par contre , que travailler dans ce milieu chaud et presque humide, devait être éprouvant.

Lors du repas de midi, le contremaître la mise à la table des ouvriers, n'ayant plus de place à la notre. Une juste punition, nous pensâmes. En faites, une demande de sa part. Nous mangions avec les ingénieurs une nourriture de qualité et elle la jeune noble se retrouvait aux milieux des roturiers. Elle allait comprendre la dure loi de la jungle sociale. A mon grand étonnement, quand nous ressortîmes, elle riait avec eux, nous attendant, son plateau prêt à être débarrassé. Les ouvriers expliquèrent les propos de la jeune dame. Elle fut mise à l'écart des autres étudiants. Il semblerait que la théorie qu'elle utilisait pour ses idées, était celle du Béhaviorisme. Cela s'appuyait sur la psychologie et l'observation.
Elle donna un exemple qui n'avait rien à voir, mais sensé mieux faire comprendre la chose. Elle utilisa un rat comme exemple et décrit diverses façon de le torturer. Il s'agissait d'une série d'expérience avec un levier dans une cage. Suivant ce qu'on voulait lui apprendre, le levier servait de support à l’expérience. Les humains n'étaient certes pas des rats, mais si un bon comportement et un meilleur environnement était offert aux personnes comprenant leur poste, elles auraient plus de plaisirs à travailler correctement. A l'inverse, un mauvais comportement diminue l'agréabilité du travail jusqu'à un poste minimum.
Je lui demandais si il s'agissait de la théorie du bâton et de la carotte pour l'âne. Étonnamment elle me répondit que cela aurait put être le cas. Mais qu'en entreprise, le principe du bâton et de la carotte était joué par le rôle du salaire pour travail effectué. Un homme s’approcha derrière nous. Elle fit une révérence en le voyant malgré un signe négatif de la main de cette personne. J'ai pensé surement un noble ou un aristocrate. J'appris plus tard que cet officier était le conseiller de l'empereur en personne.

Nous rejoignîmes les autres pour la suite de la visite. Elle déplora que les enfants ne sachent pas lire,. Mais leur petite mains étaient idéale pour poncer l'intérieur des douilles. L'effort de guerre est l'adage de tous ici. Elle usa des étudiants présents pour des suggestions d'améliorations. On a beau dire, mais l'insouciance de la jeunesse a parfois du bon. Nos camarades rivalisèrent de propositions dans leur domaine. Je suis presque sûr qu'un des miliaires présent prit des notes. Nous nous rendîmes compte que malgré nos connaissances, nous étions bien insignifiant et qu'il nous restait beaucoup à apprendre. La section douille finit, nous nous rendîmes à l'assemblage.

Le secret défense entoure le contenu de la poudre, nous avons donc pas visité cette section sous haute protection de la police impériale et ses gardes en noire.

S'enfonçant plus profondément dans les dédales du bâtiment, nous suivîmes les différentes chaînes d'assemblage. Toutes les balles ne s'assemblent pas de la même façon, ni à partir des mêmes douilles et avec des embouts différents. C'est grâce à ses différentes tailles que l'on définit les calibres. Certains des étudiants parlaient d'automatisation de postes. La discutions avec les ingénieurs locaux amena à penser cette possibilité. Elle s'en offusqua :
« Un ouvrier a une marge d'erreur d' 1 % à 5 %, rarement plus. Il contrôle, de plus, visuellement son travail. Si un automate commençait à commettre une erreur, il n'aurait aucune possibilité de s'autocorriger. Et cela ne serait pas une dizaine, mais plusieurs milliers de balles défectueuses. L'idée n'est pas mauvaise, mais Utopia n'était qu'une chimère avec la science actuelle. »

Nous sortîmes. C'était la fin de la visite. Une dégustation était servit et un accès au stand de tir offert. La plupart des étudiants s'y dirigèrent. Étant rester en arriére pour raison personnel, je la vit partir vers une autre porte en compagnie d'un garde. Je me dépêcha de la rejoindre, lui demandant pourquoi elle nous quittait si tôt.
« Cher Monsieur Hochet. Ric, si je me permettait d'être intime.  Je suis collante, je sent la sueur. Je vais donc utiliser les transports en commun pour regagner l'université, prendre une douche et finir mon travail. Contrairement à vous qui êtes journaliste, je ne peux me permettre de ne pas prendre de notes. Mon travail repose souvent sur des détails. Sur ce. Bonne journée. La mienne n'est pas finie. La votre non plus, je pense.»
Je me permit de lui demander son Nom, pour l'article. Elle me répondit Sérénade. Quand je lui demanda son nom de famille, elle me le donna, me faisant jurer de ne pas le mettre dans cet article. Et comme je n'avais pas pris sérieusement de notes… Elle finit d'écrire quelques lignes sur une de ses pages, le déchira et me le donna.

C'est ainsi que grâce à ses observations et mon sens du journalisme, que la garde à mit hors de nuire un dangereuse espion étranger, ayant profité de la visite pour prendre la place d'un étudiant invité. Le morceau de page tendu relevait un nombre d’incohérences qu'elle avait remarquée pendant la visite sur cette personne.

C'est ainsi que l'Empire peut dormir tranquille encore un peu. Les services secrets veillent. Ainsi que les citoyens qui informent les autorité de ce qui leur semble suspect. Car c'est bien à la police d'intervenir et non aux citoyens.
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Re: Tranches de vie. (Spoiler)

Message par Ysneyd » mar. 27 sept. 2016 20:39

Des larmes coulaient sur les joues de Sérénade. Pourtant, la belle était morte. Mais plongeons dans son rêve pour en savoir plus sur ces larmes.

Dans ses bras, allongé sur un lit, un beau jeune homme. Ses yeux marron ouverts ne semblaient regarder rien, ni personne. Ils avaient perdu cette lueur qui disait "je suis en vie".

http://orig00.deviantart.net/77cb/f/200 ... sfire7.png

Elle caressait sa chevelure blonde ensanglantée en disant : "Ne me laisse pas Siegfried. Que vais-je faire sans toi mon amour." La tristesse de sa voix et les hochets dû aux sanglots rendaient sa diction pénible à comprendre et entendre.

Mais revenons au début de ce cauchemar.


Elle étudiait tranquillement dans sa chambre. On était en début de soirée au pensionnat pour jeunes femmes de bonne famille Grossbughy. Le repas avait été servi tôt, comme d'habitude et il ne devait pas être plus de 19H30. Le soleil couchant rendait la vue de Mecharius par la fenêtre agréable. Elle se servit un verre d'eau, reposa la cruche et le porta à ses lèvres. Etudier donnait soif. Enfin, il était connu que le corps humain nécessitait 1 à 2 litres d'eau pour fonctionner correctement. L'eau de Mécharius ne valait pas celle de la campagne. Mais bon, depuis le temps elle s'y était faite. La porte s'ouvrit violemment. Surprise, Sérénade ne revers un peu sur ces cours. Elle s'houspilla mentalement, avant de rajouter pour elle-même que ce n'était pas grave.
Il s'agissait de Kapono une étudiante originaire des terres perdues de Nerem Jiraz .
Ce qui choqua le plus Sérénade n'était pas qu'elle s'exprimait dans son dialecte natal, mais bien l'expression sur son visage. Une expression de terreur.
Se levant

-Parle de façon à ce que je comprenne, si c'est si urgent que cela.

La jeune femme se reprit rapidement.

Vite ! Besoin d'un médecin, blessé grave en bas te réclamant.

Déjà quelqu'un la réclamant, c'était rare. Encore plus un blessé. Certainement un accident arrivé en ville et l'hospice ait donné son adresse à une des personnes les plus valides pour requière ses soins. Elle prit donc sa trousse à pharmacie. Cela suffirait pour soigner un blessé capable de venir jusqu'ici.
Elle suivit Kapono jusqu'à bas de l'escalier. La foule de membres devant le blessé l'empêchait de bien voir. La manche aperçue était ensanglanté, mais de très bonne facture. Cela n'était donc pas un blessé ordinaire.
Fendre la foule ou pas.

Mesdemoiselles ! On ne s'agglutine pas auprès d'un blessé. On lui laisse de la place pour respirer et on me laisse de la place pour passer s'il vous plait.

...

Elle arrivait enfin au patient. A première vue, un noble. Blessures par Balles et Lames. On s'était vraiment acharné sur lui. Quelque chose lui disait qu'elle connaissait ce patient.
S'accroupissant pour mieux l'examiner, elle reconnut Siegfried.

-oh! * quelques secondes * Pas toi Sieg.

Une larme coula le long de sa joue. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un dont elle était proche était aux portes de la mort. Ses mains machinalement faisait leur travail, pendant que les yeux ne pouvaient se détaché longtemps du visage blême.

Elle essuya d'un revers de manche ses yeux. Le diagnostic n'était pas bon. Beaucoup d'organes avaient été touchés. Il ne devait pas en avoir, au mieux pour quelques jours, si elle faisait un miracle. Mais pas question d'hésiter. Miracle il y aurait. Elle se releva et commença à donner ses ordres aux demoiselles présentes. Elle finit par se rendre compte de la propriétaire. Cette femme au regard acéré et perspicace devait déjà savoir qu'elle était intiment liée à lui.

-Ainsi ce fameux Siegfried est venue mourir ici...

Ne lui laissant pas le temps de continuer, Sérénade, presque hystérique hurla:

-Mais il est encore possible de le sauver, j'en suis certaine. Laissez....

-SUFFIT JEUNE FILLE! RAPELLEZ VOUS OU VOUS ETES.

Le ton autoritaire cloua la jeune femme sur place.
La gérante commença à entériner les ordres de la médecin.
Puis s'adressant à elle, d'un ton égal, mais toujours aussi sec :

-Jeune médecin, quelle honte de vous voir agir ainsi. En toutes circonstances, on doit garder son calme pour ne pas effrayer les autres. Vous autoriserez votre chambre comme lit d'hôpital. Prenez Gertrude et Camille pour vous aider. Mathilde restera devant la porte pour faire la liaison avec moi. Réparez ce beau bazar que VOTRE patient met dans MA maison.


Elle passa à côté de celle allant devenir la favorite du Gourmet. Elle posa sa main sur son épaule et tout en passant murmura d'une voix chargée de plus d'émotions.

-Sauve le, petite ! Fait le pour que ton coeur saigne moins.

Et pendant que la propriétaire continua et remit de l'ordre en houspillant ses filles, Sérénade ressentit un poids libérer son coeur.
Elle emboîta le pas des jeunes femmes qui transportaient le corps jusqu'à l'étage et la chambre de la pensionnaire.

Dans sa chambre, elle en profita pour se changer. Cela choqua Kapono, arrivant avec une bassine d'eau chaude.

Mais un regard de la médecin vers son patient fit comprendre à la messagère que le jeune homme ne pouvait rien voir, vu qu'il était évanoui.

-Pose la sur la table de chevet.

...

Les mains propres, le bureau rangé, la porte fermée à cause des curieuses, Sérénade put enfin s'approcher du patient, la conscience médicale tranquille. Elle regarda ses camarades et chercha dans sa mémoire les informations utiles sur elle. Camille était veuve, malgré son jeune âge. Elle était venue à Mécharius pour se former à la gestion d'un domaine. Il lui semblait aussi qu'elle avait assisté son mari dans les derniers temps de sa maladie.

-Camille. Si c'est trop dur pour toi, je ne t'en voudrais pas, si tu quittais le chevet de mon fiancé.

Comme cela les deux savaient la relation entre eux. Cela serait plus facile. Gertrude, quant à elle, faisait régulièrement des séjours à l'hôpital en tant qu'aide soignante. Cela lui permettait de soulager ces parents, de la charge de ses études d'infirmière . Elle avait une spécialité.. quelque chose en rapport avec les blessés... Ah oui, elle s'occupait de la pose et l'entretien de prothèses mécaniques. Pas très utile ici, mais elle avait l'habitude du sang et des corps mutilés.

Elle sortie de sa trousse de médecin deux paires de ciseaux.

- Va falloir découper les habits. Un volontaire pour le faire avec moi.

Les deux levèrent la main. On frappa à la porte. Distribuant les deux ciseaux, elle partit ouvrir la porte.

Dans l'entrebâillement, elle put apercevoir la jeune Mathilde, avec une grosse mallette de médecin.

-Grand-mère me fait vous porter ceci, en complément de votre matériel. Mais elle précise que le docteur Grüber n'est pas un donateur, mais bien un préteur. Toutes choses abimés ou utilisés de façon définitive devra être payé.

Sérénade prit la valise et remercia la jeune enfante. Cette dernière essayait de jeter des coups d'oeil dans la salle, mais Sérénade veillait à ce que rien ne vienne troubler plus l'innocence de cette enfant d'à peine dix ans.

-Je te préviendrait si j'ai besoin de plus.

Et elle referma la porte.
Posant la mallette sur le bureau, elle jeta un oeil dedans. Ciseau, scalpel, anesthésiants divers et varié... de la Morphine.... des compresses, de quoi faire des sutures... Du matériel de chirurgien quoi. Et un bon pour l'achat de pochettes de sang.
Elle nota le groupe sanguin de Siegfried et entrouvrir la porte.

-Mathilde, pour ta grand-mère. Elle saura quoi en faire.

Refermant la porte, elle bénit madame Grossbughy de garder les économies de toutes ses protégées. Cela lui ferait gagner du temps. Les filles avaient presque fini de s'occuper des vêtements. Il allait falloir peaufiner le diagnostic. Fermant les yeux, elle inspira un coup, chassant l'image de Siegfried l'amant pour la remplacer par celle de Siegfried le patient.

....

Le diagnostic n'était pas bon. Elle avait nettoyé les blessures, extrait un maximum de projectiles, mais son premier diagnostic était le bon. Le patient se reposait sous l'effet de la morphine. Enfin, il n'avait pas reprit connaissance encore. Cela faisait deux heures qu'il était arrivé.
Finissant pour la ènième fois de se laver les parties du corps souillées, elle remercia ses assistantes qui finissaient de refaire le lit. Camille souhaitait restée, alors qu'elle tombait de fatigue.
Elle allait la chasser quand une voix l'en empêcha.

-Camille, si tu souhaites resté, dors un peu.

La gérante désigna un matelas en train d'être installé au sol. Elle regarda ensuite Sérénade et lui montra un thermos.

-Du spécial "Pensionnaire malade". Je sais que ce n'est pas ton préféré, mais je doute que tu veuilles dormir.

Remplissant deux tasses propres, elle prit place dans un fauteuil. Jetant un oeil au lit de camps.

-Camille va bien dormir. Elle a le sommeil lourd cette petite. Que pouvez-vous me dire de l'état du patient.


Sérénade but une tasse du café et commença à parler mécaniquement. La vieille dame lui demandait parfois des explications, n'étant pas elle-même médecin, mais compris très vite qu'il était impossible de sauver le jeune homme. Le foie percé avec encore un morceau de flèches dedans, Poumons perforés dont elle n'avait pu extraire tout le sang plusieurs grosses veines endommagés au delà du réparable.... la remettre sur pied n'aurait pas été possible. Enfin sauf si elle avait connu Tzimicée.


* Un bruit de tasse qu'on repose. Pourtant, ni elle, ni la gérante n'avait posée leur tasse. *
Sérénade se retourna dans son sommeil troublé par la tasse de Gepetto. Le robot s'arrêta un moment et regarda la jeune femme. Il avait été imprudent. Mais à première vue le rêve continuait. Son maître ne lui aurait pas pardonné de ne pas avoir le souvenir complet de cette nuit. Il se régla pour émettre des ondes apaisantes afin de re-favoriser ce semi-réveil.

Sérénade entendit des voix venant de l'escalier. Il y avait Kapono et une voix d'homme. Elles se rapprochaient. La gérante dit suffisamment fort.

- Mène cet âne bâté jusqu'à moi, ma petite.

Elle regarda Camille. Celle-ci dormait encore.

Un soldat de la garde de l'empereur apparut dans l'encadrement de la porte. Que faisait la garde personnelle de l'empereur ici ?

-Tu peux disposer Kapono. Merci.

Ainsi c'était la nuit de Kapono pour surveillé le sommeil de ces camarades. Caché de la porte, Sérénade buvait son café.

-Madame, au rapport. Je suis venu en personne, vu la sensibilité des informations.

La gérante lui fit signe de rentrer et de fermer la porte. Il regarde Camille en s'exécutant.

-Vous n'allez pas la réveiller, si vous ne parlez pas trop fort. Quel est votre rapport Sergent ?


Le sergent allait parler, mais le patient bougea. Sérénade se leva pour l'observer. A première vue, il se réveillait.
Le sergent jeta un coup d'oeil interrogateur vers la vieille dame.

-Comment vas-tu, mon Amour.

La patient prenait peu à peu conscience de son environnement. Il vit le soldat et attrapa très fort le bras de Sérénade.

-Ne mêle pas la garde de la ville à cela. C'est trop important pour qu'ils puissent agir.

Sérénade le calma. Cela prit de longues minutes avant qu'il ne se réveille complètement, à moitié drogué, comme il l'était. Le sergent avait déjà une chaise et une tasse de café, qu'en il fut enfin sollicité à parler.


-Madame. Mathilde a été arrêtée par un homme, d'une famille dont je ne peux donner le nom, dans sa tâche de rapporter la sacoche. En guise d'explications, il nous a dit qu'il souhaitait se "farcir" votre petite fille. Qu'il savait que s'était illégale, mais sa famille avait la protection de l'empereur Nicolas 1er, béni soit son nom et qu'on avait qu'à le conduire devant un juge pour qu'il paye sa caution.


La gérante plissa les yeux. L'homme poursuivit.


-Je sais que je dois beaucoup à vos défunts mari et fils, Madame. Je ne vous aurais pas dérangés pour si peu, si vous ne nous aviez pas demandé de patrouiller officieusement dans le coin. Mais les questions qu'il a posées à votre enfant me laisse supposer qu'il cherchait ce jeune homme. Nous l'amenions au juge, quand un enfant bouscula la patrouille. Que des vols mineurs, mais un garde, en surveillance arrière discrète, choppa et assomma le gamin. Il avait, en plus, un billet que nous soupçonnons appartenir à cet homme. Nous ne l'avions pas vu l'écrire aussi vigilant que nous fûmes. L'enfant se réveilla quelques minutes plus tard, dépouillé de ses biens précieux. Sauf du papier n'ayant pas de valeur pour un homme volant un gamin des rues. Ce mot disait : ils sont tous les deux sous la protection de la vieille. Prévenez la famille.


Une longue minute de silence. Puis Siegfried brisa le silence.

-C'était un probitor n'est-ce pas.

Le silence du garde confirma Siegfried dans ses soupçons. Ce dernier fit signe à la gérante de s'approcher et éloigna Sérénade. Leur échange dura une poignée de secondes qui semblèrent une éternité pour la demoiselle.

-Sérénade, prend place dans le fauteuil. Edouard, au bureau. Emprunte du papier si tu as besoin. Je doute que Sérénade proteste.


Elle souleva Camille et se dirigea vers la porte.

- Il y a des choses que même une dormeuse ne devrait entendre. Je l'amène dans sa chambre et prépare du café. Commencez sans moi.

Elle est sortie. Une fois la porte fermée, Siegfried commença son récit. Seul le garde parla, tout en notant. Sérénade, abasourdie, ne pût qu'écouter.
Cela commença par des problèmes touchant la famille Völsungar. Il avait commencé à enquêter innocemment comme dans sa jeunesse. Il découvrit très vite les problèmes de la famille Von Baueur. Ces derniers lui firent promettre de ne rien dire à Sérénade. Il continua à enquêter. Ses problèmes et ceux de la famille de sa fiancée étaient liés. Il remonta jusqu'au refus de la main de Sérénade à un probitor. Rien de plus normal vu qu'elle était déjà fiancée. Il trouva dans ce levier, le départ de tous leurs problèmes. Plus il creusait, plus il trouva des choses cachées par la famille Probitor. Des affaires, des trouvailles, des entreprises secrètes... Il trouva aussi des complots contre plusieurs familles tombées en disgrâce. Il parla de ces deux dernières années, ainsi que de la déchéance des Von Baueur qui se virent déplacé sur une petite ile venant d'être pacifiée, perdant ainsi leur terre agricole au profit des probitor et de leur vassaux. L'enquête qu'il décrivait était digne d'un professionnel. Il avait découvert les dessous de l'"empire" Probitor et de la façon dont il gagnait en puissance.
Quand toutes les preuves furent réunis, il les remit à un magistrat de l'empereur. C'est en sortant de ce lieu, qu'il fut attaqué. Grièvement blessé, pourchassé, elle chargea refuge chez la dernière personne de confiance qu'il connaissait ici qui ne soit de sa famille.

Le robot décida de faire une pause dans l'enregistrement. Quelques minutes plus tard, Gepetto pensa que cela devait avoir suffit à son esprit pour se reprendre un peu. Le rêve reprit en même temps que l'enregistrement.

Quand Siegfried se reposa, essoufflé d'avoir tant parlé, Sérénade se dit qu'un café bien fort serait le bienvenu. Voir même plus fort. Elle regarda l'heure pour ce faire une idée, pendant que le sergent posait les dernières questions. Quoi ! Plus de trois heures ?
Elle n'entendit que la fin de la réponse.

.. Des preuves, j'ai fait l'erreur de ne pas en faire de copie.

Le sergent se leva, fit signe un papier à Siegfried et le salua militairement. Ce dernier lui murmura une phrase. Puis l'officier quitta la pièce, d'un pas tremblant. Il y avait de quoi après avoir entendu ce récit.

Gepetto remit sur pose. Il chercha dans sa mémoire des informations, parmi celle acquise dans l'empire pendant l'enquête sur le passé de Sérénade. Le fonctionnaire ayant reçu le dossier avait simplement disparu sans que cela inquiète plus que sa famille. Le sergent était mort en service 3 jours plus tard. C'était le seul mort de son unité; l'ennemi a fuit juste après. Des assassins professionnels émettaient comme supposition le dossier. Pff ! Rien de croustillant pour le maître.
Reprenons le récit.


La suite fut une discussion où Siegfried et Sérénade parlaient de leur passé et surtout de leur avenir. Chacun savaient que Siegfried mourrait au petit matin, mais ne pouvait rien y faire. Enfin il essayait de ne pas y penser. Madame Grossbughy frappa. La discussion s'arrêta. La porte s'ouvrit sur un employé administratif. La gérante demande à Sérénade de la suivre. Le fonctionnaire alla parler à Siegfried.

Dans le logement de la gérante, une robe attendait, ainsi que les deux filles du tailleur d'à côté.
Surprise, Sérénade recula de quelques pas.

-Allons petite! As-tu le temps de faire patienter ton futur époux ? Je te prête la robe de ma fille. Réalise le rêve pour lequel tu t'es démenée à Mécharius et devient l'épouse que tu souhaitais être.

L'essayage fut rapide, comme les retouches. Et Sérénade dans sa belle robe noire entra dans la chambre. La pièce avait été légèrement modifiée. Siegfried assis sur son lit portait une veste que ne lui connaissait pas. Des témoins étaient là. Personne de la pension, mais du beau monde quand même. L'office du mariage fut célébré discrètement et sobrement. Sérénade embrassa Siegfried et tous se retirèrent, laissant les deux amoureux.

-Dis mon Amour. Tu sais ce qu'on fait pour la nuit de noce ?

-Dans ton état Siegfried ?

-Si j'ai de la chance, je pourrais en plus de te laisser mon nom, te laisser un héritier.

Sérénade aida le patient à ce rallonger sur le lit. Elle retira ensuite sa robe de mariée. Hors de question d'abimer un prêt. Elle regarda Siegfried en rougissant. C'était la première fois qu'elle se déshabillait devant lui. Elle n'était pas encore prête à faire comme les filles dans certains bars, alors elle se déshabilla comme pour se laver. Le jeune homme n'en perdait pas une miette. Elle s'approcha du lit, monta dessus et ...

Plusieurs heures plus tard, Sérénade, épuisée, s'allongea à côté de Siegfried.

-j'espère, mon amour, que tu élèveras notre enfant pour en faire un des Pairs du royaume.

-Crétin. Même pas sûr que cela marche. Tu sais qu'il n'y a que 3...

Le doigt sur sa bouche la fit taire. Puis un soubresaut de douleur.
Sérénade se leva et lui fit une autre piqure. La douleur disparut.


-Ma femme! S'il te plait, rhabille toi. Je vais te laisser dormir. Je serai toujours vivant à ton réveil.


Il tapota le lit pour lui faire comprendre de le rejoindre une fois habillé pour dormir.

Sérénade lui sourit. Si cela pouvait lui faire plaisir. La douleur avait indiqué à le médecin que la douleur allait en augmentant. La jeune mariée sourit, mais les larmes coulaient sur ces joues. Elle se retourna et enfila sa tenue de nuit.
Revenant vers le lit, elle vit qu'il dormait les yeux ouverts.

-Repose toi mon Amour. Au moins, là tu ne souffres pas.

Elle passa la main dans ses cheveux. Quelque chose de chaud sur le matelas, là où elle était appuyée. Le médecin reprit le dessus. Elle souleva le drap. Du Sang! Ses plaies s'étaient ré-ouvertes pendant l'acte. Et il ne lui avait rien dit l'imbécile. Elle prit son pouls. Nul. Vérifia sa respiration. Nul.

Elle le pris dans ses bras. Caressant sa chevelure blonde ensanglantée, elle dit:

-Ne me laisse pas Siegfried. Que vais-je faire sans toi mon amour.

La tristesse de sa voix et les hochets dû aux sanglots rendaient sa diction pénible à comprendre et entendre. Ses yeux se posèrent vers le flacon de Morphine. Sa main se tendit vers lui. Mais un soupçon de lucidité lui traversa l'esprit.

-Je ne peux pas encore te rejoindre Chéri. Je sais que j'aie encore à faire. Entre autre, protéger les miens et les tiens.

Sérénade se releva. Elle ouvrit la porte. Mathilde avait été remplacé par la vieille. Elle regarda l'heure et annonça :

-6h04 Mort du patient. Siegfried Völsungar.

L'ancienne se releva prestement. Sérénade tomba, en sanglots, dans ses bras, avant de s'endormir au bout de quelques heures.

Gepetto arrêta l'enregistrement. Comme cela, son patron aurait la scène promise. Quelle idiote cette gourgandine. A cause d'elle, lui et l'équipage risquait d'être détruit. Et dire qu'il compte l'élever au rang de Déesse, une fois ressuscité. Il referma le conteneur et donna le signal pour les satellites. La tête, plus la bande de données allaient être exporté vers un autre monde. Là-bas, Geppetto espérait qu'elle pourrait échapper aux caprices du Gourmet.
Lundi :
Mardi : Fallout
Mercredi : Numénéra (19h)
Jeudi
Vendredi :
Samedi : Club irl
Dimanche :

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